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Aven Thipauganahe

Dimanche 30 mars 2014 – nuit assez fraiche mais reposante aux Cuillerets et levé vers 8h un jour de changement d’heure. C’est dans les vapeurs de la veille que nous nous réveillons bien tranquillement et que nous préparons le petit déjeuner pour notre troupe avant de lever le camp pour rejoindre l’entrée du Thipauganahe à 15min de là. Alors que nous sommes encore en phase d’équipement, 2 nouveaux amis varois nous rejoignent. C’est donc avec une belle petite troupe que nous allons explorer cette cavité qui, selon les dires de tout le monde, sera un grand moment. Après une cinquantaines de mètres dans la forêt, nous découvrons l’entrée de l’aven, une doline de 6m de profondeur rapidement équipé à la base de laquelle s’ouvre une fracture étroite qui permet de rejoindre en serpentant la tête d’un beau puits de 11m. Une petite étroiture permet ensuite d’accèder à un puits de de 9m, un peu plus large, mais il faut d’abord trouver la bonne orientation du corps pour passer dans une étroiture qui me donne un peu de mal, tant à l’aller qu’au retour : une fois trop bas, l’autre fois trop haut, encore une fois trop de face… Finalement, nous arrivons sous une trémie qui marque l’entrée du puits A380 : un puits de 86m qui va nous conduire en 3 fractios de -31m à -117m ! Un puits au diamètre déjà impressionnant dans sa première partie et qui tend à l’élargissement. Du haut du puits, je peux entendre les voix à peine audible des collègues 86m plus bas, mais surtout apercevoir la faible lueur de leurs éclairages. Mais que dire de l’arrivée au petit pendule en tête de puits ? Ce n’est qu’émerveillement !

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Aven Thipauganahe

Une immense salle aux dimensions monstrueuses. Appréhension pour certains (du même nom que la salle ; et on le comprend aux vues de cette salle), émerveillement pour d’autres avec cet espace. De grosses concrétions blanches translucides, des coulées de calcite, tout n’est que ravissement jusqu’à enfin retoucher le sol alors que le descendeur chauffe énormément après cette descente interminable. Nous pouvons ensuite commencer la visite de cette salle de l’appréhension en veillant à bien suivre le cheminement de rubalise pour ne pas détériorer et laisser le moins d’impact ici-bas. Les gours de calcites tapissent le sol en de nombreux endroits mais ils sont pour la plupart à sec Des stalagmites blanches aux formes les plus improbables apparaissent çà et là, en fonction de l’orientation de nos lampes. Au fond de la salle, sur un pan de mur on découvre les fameuses massues, stalactites dont la fin est grossie. Il y a même quelques excentriques. Mais ce qui surprend encore plus, c’est les paillettes qui font scintiller chaque recoin de la cavité. Nous gravissons ensuite une coulée de calcite qui nous permet d’explorer une autre partie de la salle, avec un mur offrant un spectacle magnifique : la calcite ressemble à s’y méprendre à un empilement de méduses. Des pans de la partie supérieure de la salle se sont effondrés, jonchant le sol de blocs escalader et contourner. La visite de la salle de l’appréhension est un grand moment pour nous tous.

Aven Thipauganahe

Mais il faut déjà, après un repas préparé par nos soins, penser à attaquer la remontée, dont ce puits qui trotte dans nos têtes : 86m c’est long, surtout plein vide, et malgré les fractionnements mis en place. En arrivant en haut de la salle, avant de la quitter et en attendant que la longueur supérieure soit libre, j’en profite pour admirer encore un peu cette salle. J’oublierai de retenir la corde du petit pendule et irais me poser l’épaule sur la paroi opposée, sans mal. Et c’est reparti pour une autre longueur. Ma température corporelle grimpe en flèche, plus vite que moi sur corde… Je terminerai l’ascension du puits A380 complètement en âge, dégoulinant de partout. Un peu d’eau, passage de la trémie et les 2 puits et étroitures sont vite avalées. Ne reste plus qu’à sortir de la doline de surface. On retrouve nos prédécesseurs en surface, sous couvert de chênes et dans la douceur du printemps varois. On refait la sortie en débriefant la journée avec nos amis varois. Mais il est déjà temps de quitter Siou Blanc, des images plein la tête et de retourner sur Nice après un très bon week-end spéléo.

Tag(s) : #Spéléo
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