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Lacs Bessons et Cime de Guilié

Samedi 26 octobre 2013 – Le début de nuit aura été très frais avec les 11°C. Nous arriverons à réchauffer la petite pièce à 14.5°C. La douche est vivifiante, de quoi bien se réveiller pour affronter la rude journée qui nous attend. Charly nous indique la trace qui part derrière le refuge pour rejoindre le Vallon de Sangé. Un chamois se met à crier à notre approche. Plutôt que de s’enfuir très loin, il ne s’éloigne que peu. Conséquence : il crie sans cesse, jusqu’à enfin se mettre hors de notre vue. La trace n’est pas évidente à suivre. Le cheminement se perd entre les rhododendrons, les mélèzes et les pierres déboulant des crêtes en amont. Nous perdons rapidement la trace. Mais après examen de la carte, nous voyons que le vallon d’éboulis qui s’ouvre devant nous débouche directement sur le vallon des Bessons. Nous l’empruntons donc et montons à même la pente. Nous sommes quasiment à niveau des Lacs Bessons, mais devons contourner un petit mamelon. Aux vues des falaises, on préfère redescendre un peu dans le vallon pour enfin, retrouver au détour de gros blocs d’éboulis, le sentier montant directement aux Lacs Bessons (2541m). Là encore, il y a quelques chamois qui savourent leur repas herbeux dans la douceur du jour. J’ai d’ailleurs eu vite fait de tomber le bas des jambes de pantalon. Après presque 1h30 de marche hors sentier, nous atteignons seuls, les Lacs Bessons : ce sont 2 lacs jumeaux, 2 perles bleue marine perdues dans un océan de pierre, entre la Tête de la Ruine (2984m) au nord-ouest, la Tête des Bessons à l’est et la Cime de la Vallette Escure au nord. Il semble même qu’on aperçoive le Cayre de l’Agnel au nord-est. Le mot Besson provient d’un terme local qui signifie « jumeaux », mais des jumeaux agneaux. Depuis les bords des lacs, nous prenons un peu de hauteur pour mieux distinguer les 2 lacs dans leur ensemble. Nous redescendons le vallon des Bessons jusqu’à s’engager dans le Vallon de Baissette. Là, nous attend le gros morceau de la journée : près de 500mD+ avant d’atteindre la Cime de Guilié. Pas d’hésitation, c’est plein nord ! Mais encore faut-il suivre les cairns nous offrant la meilleure progression possible dans cette portion 100% dans les éboulis. Après 200mD+ d’un effort soutenu, nous arrivons aux Lacs de Baissette (vers 2600m), coincés sous la Tête de la Ruine et la Tête de Baissette. Ce sont de bien jolis petits lacs qui offrent une belle vue dégagée sur la Cime du Mercantour (2772m), qui semble toute petite d’ici. Nous partons vers le Sud-Est afin de manger en surplomb des Lacs Bessons. Nous ne nous sommes pas trompés en empruntons une dizaine de minutes la trace menant directement à la Tête de la Ruine, car la vue sur les 2 Lacs Bessons est de 1er choix. Nous verrons 2 lagopèdes s’envoler et tenterons de les débusquer mais ils seront plus malins que nous. Plus au Sud, c’est le Gélas, que l’on devine, point culminant des Alpes-Maritimes (3143m).

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Lacs Bessons et Cime de Guilié

De retour aux Lacs de Baissette, il nous reste 400mD+ pour rejoindre la Cime de Guilié que nous apercevons bien à présent. La pente semble sévère et le cheminement toujours incertain, marqué par des cairns. Après avoir dépassés les lacs, nous amorçons la partie finale, via la croupe sud-ouest du Guilié. Il faut slalomer entre les blocs et escalader une petite paroi. Nous apercevrons 2 bouquetins au loin. Ils nous repèrent rapidement mais ne fuient pas, ne sentant pas de danger. Nous montons bien tranquillement sous un soleil toujours bien vaillant. Le vent se met à souffler assez fort au niveau du Lac Guilié, dont une partie est partiellement glacée. La vue avec le sommet en arrière-plan est splendide, mais nous ne nous attardons pas car nous ne sommes pas encore arrivés au sommet. Les derniers mètres se franchissent via une petite dalle à gravir. Heureusement, le gneiss du coin est bien rugeux, ce qui facilitent notre montée au pied de la croix du sommet après à peine plus de 4h de marche depuis le refuge.

Lacs Bessons et Cime de Guilié

Et là, quel spectacle nous attend ! Un panorama inouï, à 360°. Un ciel dégagé et un vent qui s’est éclipsé. Nous allons profiter de la solitude du lieu (nous serons les seuls à faire le sommet) et du panorama remarquable pendant près de 40min. Au nord, la Cime Brocan, la Cime del Baus et le massif de l’Argentera. Derrière, plus loin, on devine entre 2 montagnes le Mont Viso. A l’est, ce sont les lacs de Brocan, lacs de retenue en Italie. Tête de la Ruine, Agnel et Gélas au sud-est ; Pelago et Agnellière au sud ; à l’ouest la Cime du Mercantour, le Caïre Archas, Frémamorte et les lacs de Fremamorte sur le versant italien que l’on aperçoit aussi. Au nord-oest, on devine les Ecrins et leur barre caractéristique. C’est superbe. Quelle journée qui se ponctue par cette belle cime à 2999m, un presque 3000m. Il me semble reconnaitre la Cime du Diable au sud-ouest. Nous redescendons par le même itinéraire, via le Lac Guilié et les Lacs de Baissette. Là, nous verrons à nouveau les 2 lagopèdes s’envoler devant nous. Ils sont superbes dans leur tenue hivernale, tous de blanc vêtus. Juste au-dessus des lacs, une maman chamois et son petit qui fait comme nous, qui goute avant de s’éloigner. Pendant la descente du Vallon de Baissette, nous verrons encore 2 bouquetins que notre passage ne viendrait pas troubler, même à grand renfort de gestes pour attirer leur attention pour une petite photo. Nous descendant tranquillement pour ne pas risquer une blessure idiote dans les blocs et à la confluence des vallons de Baissette, des Bessons et des Cayres Nègres, se trouvent un petit lac, ou plutôt une tourbière. Nous arrivons à présent en amont du Vallon de Sangué. Nous sommes bien décidé à ne pas le descendre jusqu’au torrent du Boréon et trouvons la trace que nous aurions du suivre le matin même. Nous l’empruntons pour tirer directement sur le refuge de Cougourde. La progression se fait toujours en dehors d’un sentier et nous chechons bien la trace pour ne pas dévier. Heureusement, car les cairns indiquent le meilleur chemin, évitant les trous, falaises et champs d’éboulis importants. Durant cette traversée, nous croiserons de nombreux chamois. Toujours un régal de voir la surprise de ces animaux lorsqu’ils nous aperçoivent, comme pris la main dans le pot de confiture. Nous rejoindrons le refuge sur les coups de 17h, soit après 8h dehors et une rando effective de 6h30 (10km et 1250mD+). L’une des plus belles journées de l’année. Une superbe rando alpine, en dehors des sentiers et un superbe sommet à presque 3000m d’altitude. La soirée au refuge sera agréable malgré une trentaine de personne.

Tag(s) : #Rando Alpes
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