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Courmayeur - Champex - Chamonix 2013

Vendredi 30 et samedi 31 aout 2013 – C’est le grand jour ! Il est 4h15, le réveil ne me réveille pas. J’ai l’impression d’avoir bien dormi. Départ de l’auberge à 5h45 de l’auberge, dans la fraicheur matinale. Il fait evviron 4°C et la buée gagne l’intérieur du véhicule. Moins de 5min sont nécessaire pour arriver au centre-ville. Direction les files. A peine le temps d’arriver qu’on est dirigé vers le 1er bus qui va quitter Chamonix à 6h00. Il y a 30min de bus pour aller à Courmayeur via le tunnel du Mont-Blanc. Nous arrivons à Courmayeur encore endormie à 6h30, soit 2h30 avant le départ de la course. Ce n’est que vers 7h30 que la foule commence à bien arriver, tant les suiveurs que les concurrents. Des locaux munis de cloches, des personnes vêtues des costumes traditionnels. L’ambiance monte aux files des minutes. La pression commence vraiment à se faire sentier à 8h, une heure avant le départ. Vers 8h, je vérifie une dernière fois le sac et commence à préparer mes affaires pour le départ. Les premiers rayons du soleil viennent lécher l’Aiguille du Midi. La journée sera ensoleillée et chaude selon les prévisions. 8h45, je suis dans le 1er sas, approximativement au milieu, ce qui n’est pas si mal. Une fois que nous sommes tous sur la ligne, le briefing d’avant course peut débuter. Consignes de sécurité, point météo, remerciements aux 19 communes concernées, notamement avec les hymnes nationaux : le 1er hymne à retentir est l’hymne Suisse, puis la Marseillaise et enfin Fratelli d’Italia. Je me retourne et regarde la file de coureurs sur la ligne de départ : c’est impressionnant. Derrière les sommets enneigés, devant la petite église de Courmayeur. Splendide cadre alors que l’effervescence nous gagne. Nous sommes invités à tous lever les bras au ciel, puis à tous se tenir les mains. Moins de 5min. Je commence à avoir peur : à quelle sauce vais-je être mangé ? Vais-je réussir à finir ? En suis-je capable ? Et en même temps beaucoup d’émotions au moment du départ : je suis sur la ligne de départ de l’un des plus gros trails au monde, certes pas le plus difficile, mais quand même. Je vais m’élancer pour ¾ de tour de Mont-Blanc et 101km pour 6100mD+. Ce n’est pas anodin et c’est la course la plus difficile pour le moment. La journée promet d’être longue. Pourvue qu’elle soit belle ! A 50 secondes du départ, la musique de Vangelis, hymne de la CCC, retenti… C’est l’heure ! 9h00 pile, nous nous élançons, d’abord en légère descente dans les rues de Courmayeur.

La dernière minute avant le départ... Musique ! "CCC, ça veut dire... J'ai encore des frissons.

Courmayeur - Champex - Chamonix 2013

Rapidement, nous attaquons la première montée vers la Tête de la Tronche. Il y a un serpentin ininterrompu de coureurs devant moi, et derrière moi. On aperçoit enfin le Col Sapin (2436m) : qu’il semble loin tant nous montons droit dans la pente. J’y passe enfin, et me lance ensuite dans les 150 derniers mètres menant à la Tête de la Tronche (2584m), point culminant du parcours de la CCC ®. Je me lance ensuite dans la traversée en crête du Mont de la Saxe, menant au 1er ravitaillement du parcours au refuge Bertone. Jolies vues sur les 2 vallons qui nous entoure et la vallée de Courmayeur. La suite est une longue traversée à flanc de montagne qui nous attend, en contre-haut d’une large vallée glaciaire dont le fond est occupé par un torrent. Durant cette traversée, c’est une succession de portions descendantes et montantes. Il me faut environ 1h pour arrivée au Refuge Bonatti (2026m). Ca fait 22.1km que nous sommes parti. Pour le moment, les sensations sont bonnes et les paysages ensoleillés magnifiques, avec le Mont-Blanc auquel nous tournons le dos et le Grand Col Ferret que nous apercevons bien vite au détour d’un virage, bien avant le Refuge Bonatti.

Le Mont-Blanc.

Le Mont-Blanc.

Courmayeur - Champex - Chamonix 2013

Après Arnuva, j’attaque la grande montée du Grand Col Ferret (2527m). Il fait chaud, nous sommes en plein soleil et la pente commence à se raidir après avoir passé quelques bergeries le long du torrent principal. Nous nous élevons ensuite en rive droit du torrent de la Combette. Là, la pente est difficile, mais il ne faut pas se décourager. Au col, nous aurons passé le tiers de la course. Je passe le col à 14h51, cela fait 31.8km que avons quitté Courmayeur. La première partie de la descente est difficile pour moi : j’accuse un peu le coup après la grosse montée du Grand Ferret. Du coup, j’y vais tranquille : je bois et mange. Le versant suisse est différent de l’Italie : plus vert, plus préservé semble-t-il. On plonge enfin pour arriver au bord du torrent du Ferret et arriver à La Fouly où il y a toujours autant de monde pour nous applaudir. Quasiment 42km et 7h11 de course. Nous traversons Praz de Fort, ancien poste de frontière, un charmant petit hameau en pierre, composés de chalets. La vallée est magnifique jusqu’au Issert (1055m). Là, débute la montée vers Champex-Lac, alors que nous sommes à mi-parcours. Une longue montée d’environ 4/5 km en sous-bois, pas trop difficile pour pouvoir faire de la marche rapide. Je commence l’ascension sur un rythme assez élevé, mais je dois lever le pied pour souffler un peu en arrivant à Champex-Lac (1473m). Ca fait un grand bien au moral, car après 9h30 de course (il est 18h30) et 55.9km parcourus (et déjà 3370mD+ avalés), les jambes commencent à réagir différemment. La descente le long du ruisseau de l’Arpette se fait sur une large piste forestière. J’alterne les passages de course et les passages en marchant. C’est un peu dur mais je parviens encore à tenir un bon rythme. Une longue montée nous attend : 5km pour atteindre Bovine. La luminosité commence à bien baisser. J’espère au moins basculer sans allumer la frontale. La montée est assez raide et comme les autres concurrents qui me précèdent, je pêche par moment. Je profite du passage d’un torrent pour boire, car j’ai un peu chaud (torrent de Jure). Juste avant Bovine, le panorama sur les montagnes dont les flancs sont exposés Ouest, sont roses. La plaine commence également à s’illuminer alors que la nuit tombe. Bovine, c’est une ferme avec des vaches. Elle porte bien son nom. Là, j’en suis quitte pour une très belle frayeur. Excitées par le passage de déjà près de 300 concurrents, les vaches sont comme folles. Elles se chargent et n’hésitent pas, pour certaines d’entre elles à se donner des coups de cornes. C’est juste avant le sommet que j’allume la frontale, imité par d’autres alors que certains l’ont déjà allumé. La descente menant à Trient est rapide. J’ai un peu de mal à courir, il faut en plus que je m’habitue à l’obscurité. A un moment, nous débouchons au Col de la Forclaz. . Dernière portion juste avant d’arriver à Trient, très raide. Je sors du bois acclamé par une hola déclenchée par un groupe de jeune au passage de chaque concurrent. Trient, 10min d’arrêt, un café et du classique, avec une petite soupe. Cela fait 13h que je suis parti et j’ai parcourus 72km. 30km encore et je serais de retour à Chamonix… Il reste 2 ascensions. Je commence à penser à être finisher. Peu importe l’heure à laquelle je vais rentrer, je pense être capable de gravir les 2 dernières bosses. J’ai de l’avance sur les barrières, et même en marchant, je peux rentrer… Mais pas d’excès d’euphorie. Restons concentrés. La prochaine côte va nous faire remonter à Catogne pour rentrer en France. On doit passer derrière les barres de la Croix de Fer. 5km et 830mD+ pour cette côte est atteindre Catogne à 2009m. Je monte à un rythme qui j’espère ne va pas me faire perdre des plumes. La descente est raide, cassante et entravée de racines. Je n’arrive quasiment pas à courir : mauvais moment à passer. Là, c’est compliqué. Je dois gérer. J’arrive bien usé à Vallorcine. Je vais profiter du ravitaillement pour me refaire une santé et attaquer les 20 derniers kilomètres.

Courmayeur - Champex - Chamonix 2013

. Allez, je repars, seul dans la nuit alors qu’un feu de joie brûle dans la cours derrière la salle. 7km d’ascension et quasi 900mD+ pour arriver à la Tête aux Vents. Beau morceau. En repartant, nous longeons le torrent de l’Eau Noire : du coup, la fraicheur se fait sentir. Mais la pente est assez peu marquée, j’en profite pour trottiner et marcher très vite. Je suis rattrapé par un concurrent repartis juste derrière moi. Personne devant ni derrière. Nous tenons le même rythme soutenu et reprenons un bon groupe que nous lâchons. Sur les 900mD+, nous venons d’en faire 300 au niveau du Col des Montets (1461m). Place maintenant à l’ascension de la Tête aux Vents (2116m). Nous montons très vite. Comme nous sommes seuls, nous engageons la conversation, en anglais. Il est prêt d’1h30 du matin et me voilà en train de tenir une conversation soutenue en anglais, avec Oliver. La montée est malgré tout très agréable : des marches en pierre et beaucoup de petits franchissements. C’est technique. Juste avant le sommet, il y a une zone un peu plus plate, avec un champ d’éboulis à passer. C’est sympa à la frontale : on découvre les obstacles au dernier moment. Il me semble apercevoir au loin le passage au sommet, avec un spot. J’avance au radar pour la dernière demi-heure de course, mon corps me fait souffrir : les bras et les cuisses en feu. J’entre enfin dans Chamonix endormie. 3km, 2km, puis miracle à la salle de sport, c’est le dernier gros virage et le dernier km. Il y a quelques derrières moi. Je dois courir… J’y arrive et donne tout dans le petit serpentin de barrières dans le centre de Chamonix. Petite descente dans la rue piétonne plus que bienvenue. Je ne me retourne plus. Ca tire quand la descente cesse mais la ligne est en vue, la voie du speaker est là ! Je l’ai fait. Je jubile, j’oublie la douleur. Je suis finisher de ma 1ère CCC® ! Moins de 20h : 19h36. Même si j’ai un peu lâcher sur la fin, je finis. C’est le principal. C’est un bonheur de franchir la ligne. Je lève les bras au ciel devant les 20 personnes présentes. P*** je l’ai fait : 101km, 6100mD+ ! Malgré le mal de jambes, je suis heureux. Content de finir et surtout d’en finir ! Maintenant, place à la récupération. Me reste une foule d’images et de sensations, petit cinéma qui va se dérouler pendant des jours et des mois ! Je tiens à remercier les 2000 bénévoles qui nous ont accompagnés tout au long du parcours, sans qui rien ne serait possible, et leplus grand des merci à toutes les personnes qui nous encouragent lors de la course… Ca fait un bien fou et ça aide à tenir.

Tag(s) : #Rando'Trail, #Vidéo sport
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