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Brèche de Borgonio - Mt Ténibre

Vendredi 16 aout 2013 - Bonne nuit au chaud au refuge de Vens, duquel plusieurs groupes partent chacun de leur côté vers le refuge de Rabuons. Pour notre part, nous nous élançons à 8h20 en direction de la Brèche de Borgonio. Aujourd’hui, c’est un itinéraire de haute montagne qui nous attend, en dehors des sentiers balisés. Nous allons suivre des cairns dans des champs d’éboulis. Dans les rares prairies, nous aurons moins de mal à suivre la trace. Nous passons à côté du Lac de Fourchas toujours dans la fraicheur matinale et dans l’ombre. A ce moment, nous pouvons d’ores et déjà fixer le Pas de Vens, pour tracer notre chemin et c’est là que l’on commence à voir que la montée sera longue et fastidieuse vers la Brêche qui laisse le Pas de Vens sur notre gauche. En effet, nous devinons de nombreux névés sur le passage. Il faudra les contourner et éviter au maximum de les traverser, car c’est toujours risqué et délicat. En plus, nous voyons directement que les névés en question sont glacés : ils sont situés en fond de vallon exposés Nord. Nous passons le premier à plat, sans trop de risque. La suite va se révéler plus hasardeuse. Nous contournons la masse neigeuse par la gauche, dans les éboulis et dépassons le Lac de la Montagnette. Nous continuons l’ascension alors que le panorama sur les Aiguilles de Tortisse est très joli, seul endroit au soleil pour le moment. Nous serpentons tant bien que mal dans les éboulis et traversons finalement le névé car la trace est de l’autre côté du vallon. Nous utilisons des pierres pointues pour faire de belle marques dans la neige et ainsi limiter les risques de glissade. Lorsque nous sommes en sécurité sur le sentier étroit et marqué de cairn, nous nous retournons et contemplons le déjà long chemin parcouru : le vallon est très encaissé et les parois raides. La neige n’a aucun mal a y rester tout l’été, vu les quantités qui sont tombées cette hiver. Plus nous montons dans le Riou de la Montagnette et plus nous nous rapprochons du soleil. Le Pas de Vens l’est déjà, nous aussi à présent et quand il faut obliquer vers le Sud-Ouest pour gagner la Brèche de Borgonio, nous traversons des névés dont la neige a déjà transformée : elle n’est plus glacée et nous pouvons passer sans trop de risque.

Brèche de Borgonio - Mt Ténibre

Il faut malgré tout rester vigilent sur ce genre de traversée, mais nous pouvons arriver à la Brèche de Borgonio (2904m) en 1h46. Joli spectacle qui nous attend, avec vue sur le Mont Viso, le Ténibre qui nous attend et les Lacs de Ténibre, entre lesquels nous allons passer 300m en dessous de nous. Nous longeons dans un premier temps la Crête Marie qui nous révèle plus bas les 2 lacs Marie avant de plonger dans le cône d’éboulis. La descente devient assez sportive et glissante mais cela ne dure pas car nous retrouvons bien vite la trace et les cairns. Nous entendrons un chamois crier et se sauver à notre approche, avant de croiser les Lacs de Ténibre (2583m) : 2 lacs sur notre droite et le plus imposant sur notre gauche.

Brèche de Borgonio - Mt Ténibre

C’est un peu plus bas, dans un nouveau champ d’éboulis que nous amorçons l’ascension du Mont Ténibre. D’abord un raide petit couloir donnant une jolie vue sur les Lacs Varicles et le Plan de Ténibre, le long du Chemin de l’Energie. Après avoir effacé ce petit couloir, nous ne sommes pas au bout de nos peines, car l’ascension est loin d’être terminée. Nous sommes dans un environnement 100% minéral, un sentier peu étroit et instable nous amène ensuite juste sous le Mont Ténibre pour s’attaquer à la dernière partie de la montée. Les cuisses commencent à se durcir, le souffle est court bien aidé par l’altitude, mais le paysage est grandiose. Des sommets à près de 3000m tout autour de nous, un autre lac en surplomb : le Lac Fer et surtout le Pic du Ténibre et sa croix qui nous attend, au prix d’une fin d’ascension aérienne où les mains seront nécessaire pour passer les obstacles, notamment une veine, passée en escalade. Mais l’arrivée au sommet à 3031m récompense tous nos efforts car la vue est magnifique à 360°, malgré les nuages de haute altitude qui passe. Nous apercevons la station de Auron, la Brèche de Borgonio, nous suivons la frontière italienne, jusqu’à la Cime d’Ischiator et le Corborant. Et surtout, nous apercevons le refuge de Rabuons 500m plus bas et son lac. Nous avons la malheureuse surprise de voir qu’il n’est pas plein. On apprend de Jérôme qui nous précède qu’EDF fait des travaux et que le lac est vidé ! Nous atteignons le sommet vers 12h45 après 4h07 d’effort. Maintenant, repas dans la brume et la fraicheur avant une descente assez longue vers le refuge. Sous le Mont Ténibre, il faut mettre les mains à quelques endroits pour passer les parois rocheuses, mais nous arrivons rapidement en vue du Pas de Rabuons en longeant la ligne de frontière. Là, on se lance dans un étroit vallon passant en contre-bas du Lac de la Montagnette. Un névé trône au centre du vallon, mais plutôt que de le contourner, nous le descendons en glissant, car la neige le permet et la pente peu raide. Puis nous sommes en vue des Lacs du Cimon (2661m), sous le cime homonyme. 3 jolis lacs, 2 gros et un plus petit. A cette altitude, l’eau est d’une clarté telle qu’on peut voir à travers l’eau jusqu’à ce qu’elle plonge. S’il avait fait soleil, nous serions bien restés au bord du lac quelques longues minutes, mais la grisaille du temps nous encourage à poursuivre vers le refuge, une averse orageuse n’étant pas à exclure.

Brèche de Borgonio - Mt Ténibre

Au ressaut des Lacs du Cimon, nous sortons du Parc National du Mercantour et amorçons la descente finale nous conduisant autour du Lac de Rabuons. En plus du gris du temps, le lac semble bien triste sans son niveau d’eau habituel. Au fur et à mesure que nous avançons, nous distinguons des groupes électrogènes faisant fonctionner les pompes. Il s’agissait en fait d’abaisser le niveau du lac pour pouvoir enfouir une conduite forcée qui dévalera ensuite la montagne vers la Tinée dans le vallon de Rabuons. Ceci produira de l’électricité pour la ville de Nice, en utilisant un lac naturel. Cela redonne ses lettres de noblesses aux installations d’EDF abandonnées. Mais pour le moment, c’est une pollution visuelle et olfactive. Ceci nous permet malgré tout de disposer de douches chaudes au refuge (2523m), ce qui n’est pas un luxe, auquel nous arrivons un peu avant 16h après 6h10 de randonnée. Superbe journée, à peine gâchée par les nuages.

Tag(s) : #Rando Alpes
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