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Traversée Désert des Agriates Jour 2

Mercredi 7 septembre 2016 –Nous nous levons pour 7h après une nuit torride dans la tente, à 4, on se tient bien chaud ! Nous mangeons et préparons les sacs. L’étape du jour est courte : 2h30 annoncé jusqu’au gîte étape (paillers : maisons de pierre) de Ghignu. Le temps de profiter… Enfin, ça c’est s’il fait beau. Pour le moment, le temps est couvert, pas de vent comme prévu et les nuages ne semblent pas vouloir se dissiper. Un cormoran nous occupe quelques minutes, de quoi soulager les épaules des sacs encore alourdis par rapport à la veille avec plus de 4kg d’eau par personne ! La vue sur la baie de Saleccia est plaisante malgré la grisaille. Et dès les premiers kilomètres, on remarque que le paysage est beaucoup plus sauvage que la veille, et désertique. Pas de végétation plus haute que les chevilles. Du sable, des herbes sèches et buissons raz ! Pas âme qui vive sur le sentier excepté quelques bateaux mouillant dans la calanque de Fecciajo. Les sacs sont lourds, les pas pesant, mais nous avançons tranquillement, d’autant qu’il ne fait pas chaud avec tous ces nuages. Nous passons la Punta di Mignola et arrivons sur la plage de Trave. Elle est belle et les nuages donnent une ambiance particulière, encore plus sauvage aux lieux. Punta Negra et c’est la plage de Ghignu. Entre temps, nous avons décidé de ne finalement pas dormir aux paillers malgré la réservation. La 3ème journée serait ainsi trop longue : nous préférons resquiller et avancer plus loin la journée pour un bivouac sauvage sur une plage plutôt que de ne marcher que 2h et avoir une 3ème étape interminable. En plus, le temps est vraiment propice à la marche car il ne fait pas chaud. Ces nuages n’incitent pas au farniente sur une plage. Nous mangeons un peu plus tard, sur une petite plage. Nous ne sommes pas seuls car des vaches sauvages se cachent tapies à proximité d’une marre : 2 veaux et la mère. Plutôt peureuses dès qu’on tente de s’approcher. C’est toujours surprenant de croiser des vaches sur les plages, typique de la Corse !

Traversée Désert des Agriates Jour 2

Au détour d’une pointe rocheuse, nous arrivons à l’Anse de Malfalcu. Plage de sable vert : elle est bien protégée des intempéries et une rivière arrive du fond de l’Anse. C’est aussi l’un des points d’accès au littoral des Agriates au moyen des 4*4. Une piste arrive directement de la route touristique. Etant donné que nous avons dépassé notre lieu prévu pour passer la nuit (les paillers de Ghignu, nous espérons trouver une plage pouvant nous accueillir : elle ne doit pas être trop visible du sentier, ni trop étroite pour pallier à la montée des eaux, plate, propre. Il y a aussi la possibilité de trouver un endroit plat sur le sentier. Normalement, vu l’éloignement avec les sentiers touristiques principaux, nous ne devrions pas craindre quoi que ce soit, car en Corse, le bivouac est strictement interdit ! Nous poursuivons ainsi jusqu’à la Marine de l’Alga (Cala di l’Arghiaghiu), mais la plage est sale : pleine de posidonies et de déchets rejetés par la mer. C’est dans ce secteur que nous croisons un homme seul, qui est parti le matin même de l’Ostriconi pour faire dans la journée l’aller-retour jusqu’à Ghignu et récupérer le bus de St-Florent vers 19h ! Comme quoi c’est possible de le faire à la journée, à condition de ne pas être surchargé comme nous le sommes. Le paysage est vraiment sauvage : les vaches sont là pour nous le rappeler. Il y a beaucoup de petits troupeaux tout le long du sentier. Nous croisons même un petit canyon sur le sentier, en grès, pour nous rappeler les USA. Là, plus de plage, juste un sentier qui longe le littoral battu par les vents et déchiqueté par la houle. Le sentier est toujours un peu en contre-haut alors que nous prenons un peu de repos à la Punta di Calecorre : d’un côté le vent souffle, de l’autre, nous sommes abrités.

Traversée Désert des Agriates Jour 2

Nous dépassons ensuite la Punta di Solche et la fatigue commence à nous assaillir. Une longue portion plane et des vaches de part et d’autre du sentier. Puis nous basculons sur une plage : nous pensons d’abord y établir notre bivouac et posons toutes nos affaires, comme si nous allions rester. Mais la plage s’avère assez peu large et il y a aussi de nombreux débris de bois et déchets relachés par la mer. Ce n’est pas top comme lieu pour passer la nuit. A l’unisson, nous repartons pour encore 2km, jusqu’à trouver LA plage, en contre-bas de la Punta di Corba, juste à l’amorce de la Baie de l’Acciolu. Un mur de posidonie protège une bonne zone au fond de la plage. Une anse d’environ 100m, quelques arbres et nous sommes heureux ! Ça sera là. On se baigne, goute après cette journée harassante. Et encore heureusement qu’il n’a pas fait grand soleil : nous serions mort de chaud. Nous attendons 18h30 pour monter la tente après avoir confectionner une plate-forme de la dimension de la taille de la tente. La nuit tombe tranquillement, nous sommes bercés par les vagues à 3m de nous. Joli coucher de soleil et un très beau bivouac qui nous attend. Nous craignons à peine que la mer ne nous débusque et nous couchons.

Tag(s) : #Rando
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