Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tour de la Malédie et du lac Autier

Samedi 27 aout 2016 – le beau temps est annoncé tout le week-end. C’est donc une bonne occasion de cumuler les sorties : rando-trail le samedi et rando alpine/alpinisme le dimanche. Je pars seul du Pont du Countet (1692m) pour 9h pour une boucle en Gordolasque qui doit me faire faire le tour de la Malédie. J’espère monter un ou 2 sommets dépassant les 3000m d’altitude. Mais ça, c’est une autre histoire : ça dépendra de l’arrivée des orages prévus en fin d’après-midi. 1ère partie facile à longer le torrent de la Gordo. Je double un bon nombre de randonneurs partis plus tôt que moi. Au niveau de la balise 413, je prends la direction du mur des Italiens et du Lac Autier : cette fois, je décide de monter par les cascades et ce mur plutôt que par le sentier escarpé situé en rive droite. Les premières marmottes sifflent sur les terrasses herbeuses du mur des Italiens. Je rejoins rapidement le replat et la jonction des 2 sentiers. Je rattrape encore des randonneurs, stupéfés de me voir passer si vite, surtout que j’arrive au Lac de la Fous par un sentier relativement plat. Clapier & Malédie domine ce lac de barrage et le refuge de Nice. Je quitte le GR pour m’élancer sur une étroite sente et monte directement dans la pente sur des pierres, en direction du Lac Long. Le sentier passe sous le Caïre Colomb et le Mont Colomb, en se rapprochant parfois des falaises dans lesquelles je recherche les saxifrages endémiques du Mercantour, Saxifraga Florulenta, sans parvenir à en dénicher cette fois-ci. Je monte sur un bon rythme sans parvenir à courir car la pente est raide.

Tour de la Malédie et du lac Autier

Une fois passées les 2500m d’altitude, une zone plus plate marque l’arrivée au lac Long (2560m) encore caché par des mégablocs. Là, je rattrape un couple et discute un peu avec eux le temps d’arriver en surplomb du lac d’où la vue sur la Malédie et le lac bleu dessous est splendide. Longue traversée à flanc jusqu’à dépasser le lac. Là, parfois, je m’écarte de la sente cairnée. Erreur car du coup, je rate la montée vers le Pas de la Malédie, passage permettant d’arriver sous le dent majestueuse de la Malédie, 2ème sommet du Mercantour de par son altitude (3059m). Je me retrouve dans un pierrier instable et en pente mais arrive à m’en sortir pour gagner un couloir ressemblant au vrai passage. Je lâche malgré tout quelques blocs sous le regards surpris d’une harde de bouquetins m’observant de leur œil méfiant. Ils ne bougent que peu et me laisse passer. Je sors du couloir (2927m) et débouche en Italie entre les cimes Borello et de Muraion. La face nord est toujours occupée par un gros névé : on peut presque parler de glacier… Il a un aspect différent de lors de notre 1er et unique passage ici. Je tente alors, grâce à mes souvenirs de gravir le sommet en contournant le névé par le dessus, car la voie démarre au-dessus de celui-ci. Malheureusement, la progression devient chaotique et je galère à passer. Je décide alors de sortir de cette mauvaise passe pour tenter une approche par le côté droit. Mais là, pas de passage.

Tour de la Malédie et du lac Autier

Tant pis je fais demi-tour pour me diriger vers le Canale Muraion où je vais descendre avant de remonter vers le Pas de Pagari et rentrer en France, proche du Mt Clapier (3045m). Descente pénible du couloir : celui-ci est étroit, très étroit par endroit mais pas de grosse difficulté, pas de bloc suspendu. Juste un ressaut que je peux aisément contourner par une dalle. Nous étions passé par ici lors d’une sortie en neige l’année passée, mais le brouillard et la neige ne m’avait pas permis de me rendre compte de l’étroitesse et de la pente du couloir Muraion. Les difficultés commencent vraiment en bas du couloir, une fois que je suis dans le pierrier, directement sous la dent de la Malédie. Là, aucune pierre n’est stable dans le pierrier : tout bouge sous mes appuis. Je ne me sens pas forcément rassuré et tente de progresser calmement, pour sortir au plus vite de ce passage. Mais je ne peux pas éviter d’être emporté par une avalanche de pierres : elles partent devant mes pieds et commencent à me pousser méchamment dans le dos, surtout un bloc, qui miraculeusement s’immobilise alors que je ne bouge plus. Je reste quelques instants immobile à reprendre mes esprits. Cette glissade résonne dans le calme environnent. Je cherche comment m’échapper de cet infâme pierrier, mais je n’ai pas d’autre choix maintenant que d’arriver en bas, où la pente est plus douce pour changer de terrain et remonter à Pagari. N’étant plus loin du refuge CAI de Pagari, j’y descends et me rafraichis un peu. L’eau y stagne et n’est pas très claire.

Tour de la Malédie et du lac Autier

Il me reste alors environ 200mD+ pour arriver au col frontalier. Il passe bien et une fois rentré en France, je mange un bout. Le chemin est encore long. J’observe le Clapier. Je ne m’y lancerai pas depuis Pagari et je sais qu’une fois que j’aurai atteint les Lacs du Clapier (2537m), je ne remonterai pas : les nuages sont un peu menaçant à présent. Je plonge dans la descente du Vallon de Pagari jusqu’au refuge de Nice : c’est raide, fastidieux, mais la vue est belle. Là, je décide de boucler la boucle en remontant le vallon vers le lac Niré, puis de contourner la Tête du Lac et de redescendre par le Lac Autier. Il reste une bonne distance, mais je sais que je vais pouvoir courir, un peu. Recharge en eau au refuge et c’est parti le long du GR52. 2 coups de cul avant de déboucher sur le petit plat occupé par le Lac Niré et d’autre rechargés par le vallon de Chamineye. Là, un gros morceau pour mes jambes un peu fatiguées avec environ 150mD+ en direction de la Baisse de Basto (b.401). Je ne la rejoindrai pas et bifurquerai avant main droite vers le Collet du Lac Autier, permettant de rejoindre le lac Autier en suivant des cairns bien utiles. Un rocher émergent m’attire : j’y monte et plonge sur le lac, entouré de pas mal de randonneurs. Je rejoins les amis qui ont optés aujourd’hui pour une rando au Grand Capelet. Je me pose, et repars aussi sec dans la descente. Je sais que je vais courir jusqu’au bout maintenant : il me faudra 40min pour rallier le Pont du Countet. Le ciel aura tenu, les randonneurs me laissent passés, surpris de me voir arriver si vite dans leur rétro. 20km et 1600mD+ en 6h de temps : peut-on encore parler de trail ? Le terrain n’était pas facile : je me suis trompé de couloir sous la Malédie, un pierrier infâme en Italie. Bref, autant de perte de temps, mais au moins, avec ce D+, j’arrive à rentrer en courant avec encore de la lucidité. De bon augure. Je ressens les effets du travail en altitude car comparé au mois précédent, j’arrive encore à bien avancer à 3000m !

Tag(s) : #Rando'Trail
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :