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Tour della Bessanese - J3 Gastaldi à Cibrario

Samedi 16 juillet 2016 – Petit dej’ servi à 7h, nous trouvons malgré le temps de monter à Rocca Turo (2759m), le belvédère située derrière le refuge au levé du soleil. 100mD+ pour se mettre en appétit et observer la vue magnifique sur la Bessanèse, la Ciamarella (3676m) et la première partie de la rando du jour vers le Colerin d’Arnès. Un vrai paysage sculpté par les glaciers, laissant de petits lacs et des moraines magnifiques. Après le petit dej’, nous partons pour l’étape la plus courte du trek mais qui promet d’être une très belle journée : pas un nuage, des températures en hausse et des paysages magnifiques, encore différents de la veille… Nous descendons vers les lacs d’Arnès, au fond d’une dépression laissée par les glaciers et encore parcourus par de nombreux méandres venus des glaciers suspendus. Il y a toujours cette petite brise qui rafraichit, sans elle, le temps serait une vraie fournaise. Nous amorçons alors une montée tranquille en direction du Colerin d’Arnès (2850m). Nous laissons main droite le sentier retournant à Avérole via le Col d’Arnès : un beau glacier s’étant de l’autre côté.

Tour della Bessanese - J3 Gastaldi à Cibrario

La 1ère partie remonte vers Rocca Affinar et laisse découvrir un cirque glaciaire magistral. Une muraille se dresse devant nous, défendue par des pentes raides et des névés persistants. De là, l’itinéraire n’est pas évident, mais une fois dans la pente, on chemine facilement. La neige n’est pas dure, heureusement et à peine arrivés au Colerin d’Arnès que nous grimpons plein Est, en direction de la Crète Fortino et son point côté à 3011m. Des dalles de schistes et petits fragments sous les pieds et entre les strates, de petites touffes de génépi pas encore fleuri ni trop développée, mais déjà très odorantes ! Le panorama est grandiose au niveau de la croix de la Pointe Fortino : vue plongeante sur le Lago della Rosso, la Croix Rousse (3541m), le Colle Altare (où nous allons passer par la suite) et sur le refuge Gastaldi. Les montagnes sont belles. Une belle crête nous tend les bras, dans la continuité de ce sommet : nous nous y engageons avec prudence car les roches sont friables et de beaux blocs semblent suspendus au-dessus du vide. Nous serpentons entre les terrasses et vires et arrivons à environ 3060m d’altitude : la vue n’a rien à voir avec le point précédent. Encore plus belle et avec plus de recul sur la muraille frontalière. Nous avons également tout le loisir de détailler le parcours réalisé la veille et restant à venir. Nous trainons, admirant le paysage et cet immense lac de barrage que nous allons rejoindre. Nous laissons un mot sur le livre d’or en ayant une pensée pour les victimes de l’attentat odieux de Nice et descendons au Colerin d’Arnès. Pause banane et observation d’un groupe de bouquetins intrépides allant taquiner des pentes neigeuses exposées sous les barres de la Pointe Marie.

Tour della Bessanese - J3 Gastaldi à Cibrario

La descente suivante vers le lac roux est sinueuse mais donne de bonne occasion d’observer cette retenue. Nous traversons le lac via le barrage et nous apercevons que la surface du lac est encore largement partiellement gelée et sur laquelle dérive de jolies plaques de glace. La couleur de l’eau est d’un bleu turquoise profond. Nous contournons le lac en direction du torrent principal qui l’alimente, des eaux venues de quelques glaciers situés plus haut. Là, les eaux sont troubles pour certaines, issues de la fonte de glaciers, chargées de sédiments, d’autres plus limpides. Nous sommes au pied de la seconde difficulté du parcours : environ 150mD+ d’ascension menant au Colle Altare (2906m). Il nous semble apercevoir le col en haut d’un verrou glaciaire. Nous nous séparons : certains préfèrent manger, d’autres préfère effacer le col, je suis de ceux-là et préfère monter au col avant de manger, de peur d’avoir du mal à relancer la machine en côte après le repas. Et puis, le col ne semble pas si éloigné. Il faudra environ 25min pour parvenir au col d’Altare : une montée magnifique, variée. Nous traversons d’abord un champ d’éboulis avec encore quelques névés, avant de rejoindre la base d’un beau couloir en Z menant au col. Il faut parfois s’aider des mains entre les blocs. Nous aurons la surprise en haut du couloir de ne pas être encore arrivés au col : il reste une courte distance mais le col sera vite en ligne de mire, avec déjà, les repérages pour la dernière étape du trek : le Col Sulè (3062m). L’heure de la pause casse-croute est arrivée. Une bonne pause à 3000m à se reposer et à observer les sommets, au 1er rang desquels le Monte Lera (3355m), qui domine le secteur au Sud. Un lac est visible sous ce sommet : aucun sentier cartographié n’y même.

Tour della Bessanese - J3 Gastaldi à Cibrario

Pour ne pas arriver trop tôt au refuge Cibrario, nous décidons d’un extra au Lac de Peraciaval. Les premiers mètres de la descente sont assez raides et exposés, nous faisant perdre près de 200mD- en très peu de temps. Puis, une fois à niveau avec un lac plus petit, nous quittons le balisage du GR et nous dirigeons vers le plus grand des lacs de Peiraciaval. Nous n’allons pas jusqu’à ses berges et le dominons, ainsi que son cône de déjection se jetant dedans. La nuance des couleurs entre son centre et ses rives est belle. Il ne nous reste ensuite qu’à couper entre les ressauts pour rejoindre le sentier balisé jusqu’à arriver en contre-haut du refuge Cibrario (2615m) : tout en longueur, 2 bâtiments accolés au fond d’une dépression fermée à l’ouest par un joli cirque glaciaire. Le fond de ce cirque est occupé par de nombreux méandres des torrents descendant des lacs et glaciers. Il 15h tout juste passé lorsque nous arrivons autour du refuge. L’après-midi va être consacré à la récup’ : douche salvatrice et bain de soleil autour du refuge à observer une harde de bouquetins à faible distance. Nous découvrons un petit refuge (40 lits) et une salle commune recouverte de bois. L’aile récente du refuge accueille les sanitaires et de petites chambres à lits superposés. Nous serons répartis dans ce qui est aussi le refuge d’hiver : une file de 14 lits en rang d’oignons à l’étage. Le repas est servi de manière originale : une polenta servie directement depuis l’énorme marmite, directement dans nos assiètes, à 4 pour nous servir. Un délice. Nous sommes situés juste au-dessus des cuisines, du coup, au coucher, alors que d’énormes mâles bouquetins se chamaillent sur le rocher, il ne fait pas froid. La nuit sera courte puisque nous prévoyons un départ matinal, aux aurores et un petit déjeuner servis à 6h.

Tag(s) : #Rando Alpes
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