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Tour della Bessanese - J2 Avérole à Gastaldi

Vendredi 15 juillet 2016 – Levé peu après 6h40, je boucle rapidement le sac avant de me diriger dans la salle pour le petit dej’. Après une nuit étoilée et ventée, la matinée commence sous un ciel bas et des nuages de brumes qui montent, de bonne augure pour la journée… Départ sur les coups de 8h, gants, bonnet et veste sur le dos. A peine le temps de nous échauffer que le sentier monte déjà de manière très raide. Une belle croupe sur une sente étroite nous fait dominer le torrent de Veilet que l’on traverse. Vers 2600m d’altitude, le décor change : nous arrivons face à une moraine. Les nuages commencent également à se dissiper : la Pointe de Charbonnel (3752m) et son glacier émergent dans le ciel. La Bessanèse, elle aussi apparait, avec son glacier situé en versant ouest : le glacier des Grandes Pareis. C’est aussi à cette altitude que le givre recouvre tout autour de nous, rendant la vie comme figée, alors que le soleil fait son apparition en passant au-dessus de la frontière. C’est alors que le hasard des réseaux téléphoniques nous fait apprendre la catastrophe du carnage de Nice. Le groupe doute, sous le choc et nous tentons de rassurer nos proches et cherche à avoir des nouvelles de sa famille. Nous passons sous la moraine frontale du glacier et devons longer puis traverser le torrent, mais le givre rend dangereux la traversée. Du coup, nous contournons la difficulté en remontant les dalles et passons sous une falaise pour rejoindre la sente balisée du GR. La respiration se fait plus lente, le souffle court lorsque nous débouchons sur un replat. La vue est déjà a couper le souffle sur l’Albaron et sa crête, sur les Pointes de l’Ouillarse et sur le Charbonnel. Nous préférons chausser les crampons pour traverser les dernières pentes menant au passage du Colerin via le col des Audras. Nous évoluons sur un gros névé, vestige du glacier du Colerin. Le passage du Col des Audras est un joli couloir que nous contournons pour plus de sécurité. Nous sommes seuls, dans l’immensité de la montagne sur ce glacier. C’est splendide. Un petit lac parcourt la surface du glacier dans l’alignement du passage du Colerin (3207m).

Tour della Bessanese - J2 Avérole à Gastaldi

Une crête acérée de schistes est cassée et marque le passage le plus commode vers l’Italie, entre Dents et Pointe du Colerin. Une pente vertigineuse nous fait face : un couloir impressionnant, peu large, raide, parsemé de pierres non solidaire. Fort heureusement, il est sec. Nous laissons prendre du champ au groupe qui nous précède. Nous descendrons groupé pour éviter les pierres qui roulent et qu’elles ne prennent de la vitesse entre nous. Une main courante est mise en place sur le côté gauche : une énorme corde qui permet de s’assurer à la descente, mais qui fait passer dans les éboulis les plus friables. Nous prenons un bon coup de chaud, mais sommes rassurés d’arriver en bas du couloir entiers.

Tour della Bessanese - J2 Avérole à Gastaldi

Un chaos de blocs précède l’entrée sur le glacier de Pian Gias. Je me fais même une petite frayeur en m’enfonçant dans un trou de neige et me fais mal à la cuisse. Douloureux. Mais bon, je sers les dents. La surface du glacier est constellée de rigoles. La pente est faible. Les crampons ne sont pas nécessaires et resterons dans le sac. Peu de pierres en surface : il reste encore beaucoup de neige. Seuls les flancs des montagnes trahissent la présence d’un glacier avec des zones polies et cassures de glace. Nous cheminons dans l’axe du glacier et devons changer de rive du torrent qui passe sous le glacier apparait. En nous retournant, le passage du Colerin est magnifique, verticale, vertigineux et une véritable brèche dans la muraille de schistes. Enfin des marques et un sentier. La suite se déroule sur un joli sentier jusqu’à l’intersection entre le sentier descendant en vallée et celui menant au refuge Gastaldi (Pian Gias – 2600m). Un verrou apparait au loin et une première remontée gênée par un névé sur les pentes. Nous le contournons par le dessous pour ne pas ressortir les crampons. Pas de perte de temps, juste une montée plus hard. Derrière le collet, une nouvelle descente et une remontée pour arriver au refuge. Mais là encore, derrière les quelques bouquetins, un névé. La pente est plus raide mais nous passons en-dessous. Pour rejoindre les ruines d’un ancien téléphérique. Quelques nuages font leur apparition dans le ciel, masquant le soleil alors que nous arrivons au refuge Gastaldi (2658m). Une muraille verticale sous le sommet de la Bessanèse et un glacier impressionnant collé à la paroi. J’ai hâte d’être au lendemain, avec un soleil matinal illuminant ce décor autour du refuge. Nous prenons possession du dortoir « Bouquetin », préparons nos affaires pour le lendemain et passons à la toilette avant d’aller dans la salle commune prendre une bonne bière italienne. La salle est chaleureuse, un bar, un gardien aux petits soins. Ne parlons pas du repas : au top avec une petite portion de polenta en entrée, un plat typique des Dolomites, haricots verts et des galettes de légumes secs. Un bon repas, qui recharge les batteries, et une bonne nuit.

Tag(s) : #Rando Alpes
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