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Alpin Trail de Pichauris

Mercredi 11 novembre 2015 – je n’ai qu’une hâte, celle de retirer mon dossard sur le domaine de Pichauris pour enfin en accrocher un nouveau à mon t-shirt ! Il est 7h15 lorsque je suis sur l’aire de départ dans la fraicheur matinale. Je suis l’un des premiers à retirer mon dossard en échange d’un certificat médical. J’ai encore 1 bonne heure avant le départ donné à 8h30 pour me changer et me préparer tranquillement. Toujours les mêmes gestes, les mêmes rituels. Short, dossard et enfin les chaussures. Je laisse le coupe-vent et vais m’échauffer pendant environ 20min à faible intensité. Je redescends ensuite vers la zone de départ où environ 120 coureurs commencent à s’amasser dans le prés de départ. Briefing et le départ est donné en direction du Col de l’Amandiers. Après la traversée du champ, nous nous retrouvons sur une large piste DFCI. Puis en haut d’une petite côte, nous plongeons dans un single dans le maquis. Celui-ci rejoint rapidement une nouvelle DFCI. Je suis parti vite, très vite. Je le sais mais c’est le lot de ces trails de 30km. J’espère tenir la distance. Je sais que je n’aurai pas de problème pour finir la course, mais est-ce que je tiendrai la distance à cette allure. Pour le moment, ça va, je suis dans un bon paquet au moment d’aborder la seconde montée du parcours. La piste serpente au grès des vallons. Il faut sans cesse relancer, mettre de la vitesse dans les foulées, jusqu’au moment où je ne vois pas le balisage monter dans le maquis : je poursuis en compagnie de 3 autres trailers sur la piste alors qu’il fallait monter. Shit : 2/3 minutes de perdue sur le groupe. Je repars dans une longue file et ne tarde pas à dépasser quelques coureurs déjà au aboies. Le Pic de Taoumé commence à se dévoiler depuis le Col de l’Amandier, mais il semble encore loin. Il fait déjà chaud lorsque nous sommes à l’abri : le soleil n’est pourtant pas à son zénith et l’on voit de-ci de-là quelques nuages dans le ciel. Je coince un peu sur les derniers hectomètres menant au sommet. C’est normal, je suis parti comme une balle. La lumière encore rasante de ce début novembre est jolie sur le Taoumé (667m). Nous contournons le sommet pour le gravir en passant devant la Grotte du Grosibou.

Alpin Trail de Pichauris

Là, c’est parti pour une longue, très longue descente. Le 1er ravito est situé non loin du Puits du Murier. Je ne m’y arrête pas et cale rapidement dans le vallon de Précatori. Là, je connais déjà car c’est le parcours de la Galinette, comme l’ascension du Taoumé. La descente est dans un 1er temps très cassante, pierreuse, puis nous changeons de versant, là, nous sommes dans le maquis qui nous pique les cuisse. Joli passage, avec vue sur Marseille au loin. Je m’envoie et ne rechigne pas à attaquer pour ne pas perdre de temps. Je sais que je vais le payer en bas du vallon Passe-Temps lorsqu’il nous restera 3km de montée vers le Garlaban. Et c’est le moment. Je suis bien sur la 1ère partie, mais dès qu’il faut relancer quand c’est plus plat, je ne suis plus là et laisse filer. Je peine, mais préfère ne pas me cramer plus ici. Il reste encore moitié du parcours une fois au sommet du Garlaban (714m). Au pas de Garrigue, je vais mieux, une fois sur le plateau avec le Garlaban en vue. Je relance et attaque dans de bonne disposition la montée finale. La vue est hélas bouchée avec la brume mais je mets un point d’honneur à toucher la croix blanche (temps de coure : 2h) avant de plonger dans la descente. Une descente longue, abominable ! D’abord très cassante sous le sommet, puis glissante en versant nord avec des dalles très humides et de grosses pierres roulantes. Le parcours nous amène ensuite sur les hauteurs de Roquevaire via cette descente interminable. J’essaye de maintenir une très bonne vitesse que j’aurai plus de mal à conserver vers le bas, mes cuisses me demandant de me calmer. Au moins, personne ne me double. Je creuse un peu sur mes suiveurs (mais ils me dépasseront à la montée suivante). Cette portion est éprouvante tant pour les cuisses que pour les pieds avec toutes ces pierres. Mais là, une fois rendus aux premières habitations, pas le temps de récupérer que nous nous lançons dans la montée suivante : la longue remontée du Grand Vallon de Lascours ! L’un des meilleurs moments de la journée : un vallon étroit, encaissé, entouré de barres rocheuses. Le sentier est étroit, cassant, avec de nombreux rochers au milieu de la meilleure trace. Les pierres sont souvent humides. Il faut la plus grande vigilance pour ne pas glisser. Mais ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend avec des ressauts équipés de cordes et chaines en fixe ! Des passages très intéressants : il faut le pied et les mains sûrs. Je me régale, ce qui ne ravit pas les trailers qui progressent à mes côtés. Il est impossible de courir ici. Marcher est même délicat par moment, mais cette montée est splendide. Elle donne un caractère alpin à la course.

Alpin Trail de Pichauris

Nous arrivons enfin en haut du Grand Vallon et pouvons apercevoir tout le chemin parcouru alors que 2 épingles nous fond rejoindre les concurrents du parcours de 15km qui déboulent comme des balles juste avant le second ravito du parcours. Là, nous nous lançons dans une boucle d’environ 7km autour du Mont des Marseillais. Content d’arriver ici. Il reste moins de 10km. Je sais que le plus gros à présent derrière moi. Les visages sont de plus en plus fermés, le mien aussi. Je sens une crampe poindre dans mon mollet droit. Je bois au ravitaillement et elle passe : tant mieux. Je vais pouvoir me concentrer à bien dérouler. Nous montons vers le Défens sans en atteindre le sommet car nous basculons dans une nouvelle descente très cassante. Celle-ci va nous faire contourner le Mont des Marseillais (628m). La vue sur la Ste-Baume et Roquevaire est de toute beauté. Le soleil est à présent totalement découvert et ça chauffe la machine déjà bien entamée. J’essaye de bien courir en descente même si c’est plus dur en montée, mais je fais avec ce qu’il reste d’énergie. Après avoir contournés le sommet et son antenne, nous rejoignons une piste qui nous ramène au ravitaillement. La trace a été débalisée par les chasseurs ! Mais la logique nous permet de nous y retrouver. Je repasse rapidement au ravitaillement, boire un verre d’eau et manger un petit morceau. La fin est proche. Tous les trailers qui m’entournent en fond de même mais je suis le 1er à repartir. Personne ne reviendra de l’arrière dans cette descente. Je lâche tout : je la connais déjà. Elle mène à Pichauris, le départ mais aussi point de passage du grand parcours du trail de la Galinette. Belle descente : pas trop technique, peu de pierre au final sous les arbustes. J’envoie ce que je peux. Je rattrape quelques gars et ne suis pas mécontent d’apercevoir la ferme et le champ de l’aire d’arrivée. Je sais qu’on va tourner un peu mais les baliseurs me remontent le moral dans le dernier coup de cul. Un accompagnateur me remet sur le droit chemin et me voilà dans le champ : une dernière traversée et me voilà sous l’arche d’arrivée. Je boucle cette première édition de l’Alpin Trail Elite en 4h22min. Très joli trail de 30km et 1750mD+. Très technique, pas de répit, lui donnant encore plus de consistance. On évite largement les pistes DFCI, ce qui permet de découvrir de beaux recoins de ce joli coin toujours sous le soleil.

Tag(s) : #Rando'Trail
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