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Punta Marguareis (2651m)

Dimanche 5 juillet 2015 – la nuit a été quand même assez reposante, malgré quelques attaques d’insectes. Il n’a pas fait froid : 15°C au minimum. Et dès 7h30, nous savons que la journée promet d’être chaude. Le soleil est déjà bien présent, pas un nuage à l’horizon et la Cima Marguareis (2651m) n’attend plus que nous ! 8h10, nous partons, lestés de pas mal d’eau pour affronter les températures surchauffées. Nous allons gagner le Col des Seigneurs, col historique de la contrebande dans les Alpes, à proximité de la voie normale du Col de Tende (route du sel). Mais plutôt que de suivre la piste du Margua, nous décidons de couper droit dans le karst pour gagner du temps et surtout la distance. Comme la veille, nous sommes assaillis de mouches au bout de quelques minutes. Partout autour de nous. Elles sont même parfois fixées sur l’objectif. Nous passons entre2 mamelons et plongeons dans un petit vallon qui nous fait remonter sur la piste en passant sur un beau lapiaz. Du calcaire strié partout autour de nous, beaucoup de fissures et des promesses de cavités immenses. De là, en quelques minutes, nous arrivons au Col des Seigneurs (2111m), au-dessus du Refuge Don Barbera. La piste continue vers Monesi. Derrière nous, le Plan d’Ambroise, le Bec de l’Aigle, le Castel Frippi et toute la crête frontalière. Beau panorama sur l’enclave. Le temps annoncé pour atteindre la Cime du Marguareis est de 1h40. Il nous faudra à peine plus d’une heure, soit 2h de rando depuis le départ pour arriver au sommet.

Punta Marguareis (2651m)

Là, nous suivons la mauvaise direction en restant sur une ancienne sente. Nous verrons de près une belle marmotte déjà bien grasse avant de rebrousser chemin et de suivre le GR de la voie normale. Le sentier est beau, plaisant et serpente entre les dolines. Nous passons d’ailleurs à proximité de gouffres, recensés à l’inventaire français et italien, en fonction du versant que nous suivant, tantôt versant Français, tantôt versant Italien. Nous passons sous une barre et arrivons au Col Galine (2358m). Là, 2 options pour gravir la Pointe du Margua. La voie normale qui bascule en Italie et remonte un beau vallon taillé par l’eau de formes irrégulières ; ou la voie directe. Là, pas de chichi, nous montons en croupe et devrons mettre parfois un peu les mains le temps de franchir la Crête Marguareis. C’est l’itinéraire que nous choisissons pour la montée. Nous montons tranquille, le temps de bien profiter du paysage, des 2 côtés de la frontière. La pente devient raide, la vue reste exceptionnelle sur le Plan d’Ambroise. Nous apercevons même le refuge du Castel Frippi. Puis nous arrivons sur la crête du Marguareis : à 2 endroits, nous devons mettre les mains franchir 2 ressauts. Nous passons à côté de 2 entrées de gouffres, recensés à l’inventaire de la Brigue. Toujours beaucoup de séneçons. Nous débouchons ensuite sur une belle crête de laquelle nous avons une belle vue sur le sommet qui se profile.

Punta Marguareis (2651m)

Le Bec de l’Aigle émerge progressivement sur les flancs du Margua. Belle vue. Un gros névé occupe encore le fond d’une doline qui coupe en la crête terminale. De là où nous sommes, nous pouvons apercevoir de nombreuses personnes au sommet ! Dommage, pas le calme espéré. Tant pis, l’ascension nous enchante malgré tout, de belles fleurs, des edelweiss et des paysages exceptionnelles. Les versants Nord sont aussi raides que les versants Sud semblent débonnaires ! Une bonne douzaine d’Italiens sont déjà posés au sommet, toujours très bruyants malheureusement. Un plaisir de toucher la croix sommitale. Nous prenons un peu nos distances avec les autochtones et filons sur un petit promontoire à l’Ouest du sommet. Belle vue sur l’Armuse, le Bec de l’Aigle, le Scarason, et tout le secteur du Castel Frippi. Dommage qu’il y ait encore toute cette brume ambiante, nous masquant la vue sur les sommets alpins plus éloignés. Même le Gélas, Argentera, Bégo, Capelet sont derrière leur brume ! Nous préférons ne pas redescendre par le parcours du grand BRALP et préférons jouer la sécurité en suivant la voie normale, par le vallon Torinesi. Même si cette variante rallonge un peu, vue que ça descend et que c’est une belle sente, nous rallierons facilement le Col Galine, nous ramenant directement au Col des Seigneurs. Belle descente, agréable dans le vallon, vue magnifique sur les formes érodés par l’eau au fil des siècles. Nous emprunterons ensuite le même itinéraire pour rentrer au refuge, non sans mal, surtout pour remonter les 70mD+ entre les dolines. Montée extra raide et difficile sous la chaleur. Non content des 650mD+ accumulés, je décide de pousser jusqu’au sommet du Castel Frippi (2256m), juste au-dessus du refuge homonyme. 15min et l’affaire est reglée ! Montée rapide, en remontant un pierrier permettant de contourner le sommet par le sud et ainsi découvrir la vallée plongeant sur Tende. Une pente herbeuse mène ensuite au sommet où les fleurs sont légion. La vue est belle sur le Marguareis et les sommets enchainés la veille : je ne me lasse pas de ces formes rondes, tantôt entaillées par une piste, tantôt déchirées par des dolines et barres déchiquetées par l’eau. Je profite avant de redescendre aider au refuge : les autres sont en train de faire du béton et de l’appliquer autour du refuge. Je range aussi du matos et porte des sacs de ciment avant de mettre la main à la pâte. Nous nous pressons pour tout finir et enfin manger vers 14h. Il faut ensuite faire un coup de ménage et charger les véhicules. On doit encore remettre l’eau à la fontaine du berger, car à présent, nos cuves sont presque pleines. Avant de partir, je profite de la fontaine pour me rincer un peu et me sentir plus frais pour la route. Le refuge fermé, nous pouvons prendre la route de Nice, via la piste. Nous ne repasserons pas par Tende, mais iront côté Italien vers Monesi et reprendre l’autoroute à Imperia. 1h10 de piste, soit presque comme de l’autre côté, mais cette fois, plus large et plus praticable encore. Elle semble ne jamais en finir en serpentant et en contournant de nombreuses ravines. Au final, presque 3h30 de route pour finir ce superbe week-end où le temps a bien été mis à contribution : travaux, rando, et surtout, à peine de repos comme bien souvent. Mais ça en valait le coup ! Tellement le secteur qu’on ne connaissait pas est splendide. Un régal, surtout quand on sait tout ce qu’il peut être fait dans le coin en terme de spéléo… La prochaine fois, nous irons sous terre !

Punta Marguareis (2651m)
Tag(s) : #Rando Alpes
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