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Pain de Sucre (3208m)

Dimanche 28 juin 2015 – mal dormi, les courbatures sont venues rapidement après m’être couché. Le massage, les étirements sont déjà loin. Et surtout mes épaules me tirent : échec crème solaire, mais aussi quelques douleurs suite à l’utilisation des bâtons durant la course. Je n’arrive pas à me positionner dans le lit, j’ai chaud, mal partout. La nuit est longue et je me lève assez frais je trouve, moins stone que la veille au soir, encore complètement sous les effets des endorphines. Pas l’envie ni la motiv’ de me lancer tout seul à l’assaut d’un sommet alpin d’envergure sans des jambes qui me portent. Je décide donc que me rabattre sur un sommet « facile », accessible en rando : le Pain de Sucre (3208m) depuis le Col Agnel. Ça sera l’occasion de gravir à nouveau ce sommet esthétique, notre 1er trois mille, vaincu par un après-midi de juillet 2009.

Pain de Sucre (3208m)

Je décolle de l’auberge à 8h30 et prend la direction de Molines-en-Queyras. A Molines, direction la route de haute montagne du Col Agnel (2744m) qui passe par Pierre-Grosse et d’autres jolis petits hameaux typiques du Queyras (Fontgillarde). La route est magnifique, elle serpente le long d’un beau torrent bien chargé, le torrent de l’Agnelle, alimenté par de nombreux petits rifs. Je me gare face au refuge du Col Agnel (2580m). Je boucle le sac, bâtons accrochés, on ne sait jamais et m’élance à l’assaut du sommet qui émerge déjà derrière un ressaut : belle montagne, raide sous cet angle alors qu’il n’y a que 700mD+. Le sentier serpente dans une jolie prairie d’altitude le long du torrent de l’Eychassier, jusqu’à atteindre le Col Vieux (2806m) que j’atteins rapidement malgré des jambes pas aussi alerte qu’en temps normal. Le panorama est superbe ! Derrière moi, le Caramantran (3021m) et face à moi, les Crêtes de la Taillante, magnifiques dalles lustrées, comme le vallon qui s’ouvre sur le Lac de Foréant, sous la Brêche de la Ruine. Un magnifique vallon fermé par un verrou et ce lac d’un beau bleu.

Pain de Sucre (3208m)

J’aperçois quelques névés le long du GR58 en descendant vers le lac, dont l’un juste sous le col Vieux. La neige était présente il y a encore peu de temps. C’est au niveau de ce col que je quitte la sente principale pour m’engager dans l’ascension du Pain de Sucre. Il me reste 400mD+, une formalité, mais le souffle devient rapidement court. Je monte tranquille, sans forcer, en suivant une sente très étroite dans les pierres glissantes. La suivre est facile, sauf à certaines épingles où ce n’est pas évident. Au niveau d’un névé en dévers, plaqué sur les flancs de la montagne, je rencontre 2 personnes issues de la région parisienne portant le t-shirt finisher trail court de la veille. Je les félicite car les 24 derniers km de mon trail étaient monstrueux ! Mais ils sont encore plus admiratifs de ma performance. Ils sont même surpris de me voir marcher normalement le lendemain de la course et de me mancer dans l’ascension de ce sommet. Nous discutons quelques bonnes minutes du trail, de nos sensations, et bonheur d’avoir eu la chance de courir sur ce beau trail. Eux ont bien sentis les effets de l’altitude, n’étant pas habitués à la montagne. Je leur confirme bien que la fin de parcours était dantesque, beaucoup plus dure que la 1ère partie et que finir ce trail est une belle performance, au vu du parcours proposé. Je les quitte et reprend mon ascension, eux plus calmement que moi. J’arrive le long de l’arête Ouest et admire le panorama sur l’Ubaye : Aiguilles et Brec de Chambeyron, Bric de Rubren, Mortisse. Plus au sud, c’est l’Argentera et le Matto. Je crois même deviner le Gélas ! Les Ecrins sont magnifiques, encore partiellement couverts de neige. Quand enfin, j’arrive au sommet, nostalgique de 2009, je repense à ce moment, à hier et suis simplement heureux de me retrouver à 3200m avec une vue imparable sur le Viso (3841m) : il est si proche et me rappelle notre beau tour du Viso en aout 2014. On aperçoit même le Col de la Traversette et la Pointe de Marte. Les Monts Rose et le Matterhorn, et surtout, le toit de l’Europe, le Magnifique Mont Blanc. Je profite une bonne demi-heure du sommet et de la vue, un peu à l’écart des Italiens présents. Un sommet frontalier sans italiens, ne serait pas un vrai sommet frontalier…

Pain de Sucre (3208m)

Je redescends et croise à nouveau les 2 finishers parisiens du trail découverrte (de la haute montagne), qui arrivent juste au sommet, ébahis. 15min et je suis de retour au Col Vieux, les jambes en feu et très douloureuses. Mes muscles se rappellent à moi, ainsi que mes tendons endoloris par les mètres de D-. Là, je plonge vers le Lac Foréant (2618m), calmement car mes cuisses me font souffrir. Une fois au lac, j’admire le Pain de Sucre qui vient se refleter sur les eaux limpides du lac. La Taillante est magnifique aussi. Il y a quelques pêcheurs et surtout pas mal de randonneurs, surtout italiens. Je m’éloigne de la foule et mange, car j’ai grand faim. Après manger, je m’alonge et profite du soleil avant d’aller mettre les jambes dans l’eau bien froide du lac, jusqu’aux cuisses quand même. Par contre, la remontée vers le Col Vieux est très poussive, la pause m’a été fatale ! De retour à la voiture, je pousse jusqu’au Col Agnel, envahit par des hardes de motards italiens, quelques cyclistes et allemands aussi. Une borne frontière (n°48)marque le passage entre France Savoie (la belle croix) et France (le lys). Aujourd’hui, une belle dalle sculptée replace la borne de 1823. La Nubbia envahit le versant italien et le Viso n’est malheureusement plus visible. Juste le Pain de Sucre et le Pic Asti, qui prolonge un beau vallon. C’est sur cette belle rando que je boucle mon week-end dans le Queyras, des images plein la tête et quelques courbatures aussi.

Tag(s) : #Rando Alpes
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