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Tête de l'Enchastraye et Rocher des 3 Evêques

Samedi 2 mai 2015 – à peine une semaine après être resté au Colle di Puriac, nous revoilà en comité réduit pour nous lancer à l’assaut de la Tête de l’Enchastraye (2954m). Cette fois, le départ est donné du Camp des Fourches (2275m) sur la Route de la Bonette. Celle-ci est encore fermée jusqu’à quelques virages au-dessus de Bousiéyas, mais nous parvenons malgré tout à passer la barrière et nous stationner le long de la route au dit Camp alors que le jour se lève sur le Mounier et la Tête de Vinaigre. 7h30, le départ est donné. 1er rendez-vous à 2261m, au Col des Fourches : superbe panorama sur le Vallon de Salso Moreno, tigré, entre espaces vert et zones blanches dues aux névés encore présents. Dans la continuité des Roubines Nègres, on aperçoit le Rocher des 3 Evêques, derrière lequel se cache encore la Tête de l’Enchastraye. Ce paysage de printemps est splendide ! Il nous faut ensuite dévaler près de 200mD- pour rejoindre le Ravin de la Tour. Ses eaux sont bien sombres et chargées de marnes. On peut contempler le travail de l’érosion sur ces berges où il y a 5 ans, une cabane était encore debout. Seules subsistent aujourd’hui quelques planches, le reste ayant été emporté par le puissant torrent.

Tête de l'Enchastraye et Rocher des 3 Evêques

Nous poursuivons en légère montée entre 2 collines juste après avoir dépassés le Vallon de la Gipière. Nous montons tranquillement et progressivement en apercevant déjà de nombreuses marmottes sur le parterre d’herbe reverdie par les rayons du soleil. Anémones blanches, gentianes printanières et crocus sont partout présents. Nous chaussons les raquettes au détour d’une vaste plaine avec vue sur les Crêtes du Mt Aiga. Bien nous en a pris car la neige, à l’altitude de 2200m est déjà bien molle. Pour rejoindre le Col de Pouriac, nous remontons un vallon dans laquelle la pente se raidit, juste après avoir traversés la Come du Graillon. La neige est encore bien présente et nous permet de gagner rapidement en altitude. Des marmottes et marmottons courent partout sur la neige pour se cacher lorsque nous approchons dans leur espace vital. Nous apercevrons même 3 cervidés que je prendrai même pour des loups… Tant leurs démarches est inhabituelle sous nos latitudes. L’Enchastraye peine à se dévoiler, mais ces dernières strates commencent à apparaitre derrière le Rocher des 3 Evêques. 2ème rendez-vous au Col de Pouriac (2506m) et sa magnifique vue sur le versant italien qui porte jusqu’à la Tête de Moïse. Et à la différence de la semaine dernière, nous avons une belle vue sur le Rocher des 3 Evêques et la Tête de l’Enchastraye.

Tête de l'Enchastraye et Rocher des 3 Evêques

Nous passons quelques minutes à profiter du paysage et à observer les traces de coulées de neige de printemps, conséquence du redoux et des dernières chutes de neige de la semaine. Nous suivons quelques minutes à niveau les Crêtes de Bourre, en marnes noires et commençons enfin la montée finale vers l’Enchastraye en tirant une belle courbe sous les sommets précédemment cités. La neige n’est pas glacée : nous conservons les raquettes aux pieds et espérons qu’aucune coulée ne va se produire sous notre passage, car la pente reste impressionnante, tant au-dessus de nos têtes que devant nous, vers le Pas de l’Enchastraye. Mais la montée se passe tranquillement, sans souci. Nous profitons d’un petit moment de plat pour faire une pause et reprendre notre souffle avant les 150 derniers mètres de D+, les plus rudes, car nous flirtons avec les 2900m. Nous débouchons alors en crêtes à 10min du sommet : le vent souffle assez fort et il faut se couvrir. La neige est à présent glacée et cornichée, ne laissant que peu de place pour tracer notre route vers le sommet. La délivrance ! couronnée par un panorama à 360° à couper le souffle, des Monts Rose, au Cervin et Ecrins, aux sommets du Haut Var, vers le Mounier, le St-Honrat et le Cheiron, au groupe Ténibre/Corborant/Clai/Grand Cimon, au Matto et à l’Argentera. Derrière la Tête de Moïse, c’est même le Mont Viso qui se dresse. Quelle vue depuis les 2954m de la Tête de l’Enchastraye. La colonne sommitale est bie visible sur son promontoire, mais il nous faut dégager un peu la cabane de la Vierge avant de plonger vers le collet où nous préférons chausser les crampons pour mieux négocier la descente.

Tête de l'Enchastraye et Rocher des 3 Evêques

Pas de surprise, nous nous enfonçons bien, mais au vue de la pente, il vaut mieux être en crampons. Et, pendant la descente, plutôt que de reprendre la même trace, nous restons plus haut sous l’Enchastraye et nous dirigeons vers l’Encrène (2759m), avec pour objectif non avoué de gravir les 3 Evêques (2868m). Mais par où monter ?! La pente est raide, la crête hyper verticale, malgré les 100mD+… Et en plus, il fait chaud, la neige est lourde et le risque avalanche devient important. Mais à bien y réfléchir, si nous suivons l’arête, le projet peut se concrétiser, si la neige est bonne. Un éclaireur et c’est parti ! Piolet à la main, nous montons au sommet du Rocher des 3 Evêques : 4ème rendez-vous. Et de choix. Magnifique sommet, belle arête en condition. Nous profitons encore largement de la vue et de la belle croix sommitale. Je laisse même un petit mot sur le livre d’or, en remerciant notre guide du jour, vers ces 2 sommets qui lui sont chers. Plutôt que de redescendre le long de l’arête, nous choisissons de redescendre dans la pente quelques mètres sous le sommet. En crampons, nous nous enfonçons largement jusqu’aux genoux mais la pente est telle que les crampons sont la bonne solution. Nous déclenchons même une petite avalanche en aval de nos pas. Celle-ci ira presque recouvrir nos traces de l’aller.

Tête de l'Enchastraye et Rocher des 3 Evêques

Nous décidons de manger une fois la rupture de pente négociée, nos 2 sommets veillant sur nous, et face à la Tête de Moïse. Il nous faut ensuite quelques minutes pour rallier le Col de Pouriac, mais avant, nous apercevons 4 gros bouquetins, qui fuient vers les marnes noires à notre approche. Joli contraste que ces belles bêtes sur les marnes. Il est à présent temps de plonger vers le fond du Vallon de Salso Moreno. La neige est molle, mais rapidement, nous nous retrouvons à traverser le torrent de la Combe du Graillon. Nous apercevons alors de nombreuses marmottes alentour et la vue sur les crêtes du Pel Brun et du Mt Aiga sont belles. Partout, dès que les pentes sont raides, nous apercevons de grosses coulées de neige ! Certaines étaient absentes à l’aller : la période est mauvaise. Puis il est temps de raccrocher les raquettes au sac, de se lester une dernière fois. Marmottes et fleurs sortent partout de terre : champs de crocus et de gentianes printanières. Magnifique. Le paysage dans ce vallon est splendide, le soleil au rendez-vous et quelques nuages pour donner de la profondeur aux photos que nous ne manquons pas de faire, que ce soit sur le vallon, sur les 3 Evêques, les Roubines Nègres (Cime du Mul, Castel de la Tour et Bonnet Carré). Nous repassons devant la cabane du berger et franchissons le torrent du Ravin de la Tour. Il reste alors 200mD+ à remonter pour rejoindre le Col des Fourches. La température monte, abrités du vent et la longueur de la course commence à se faire sentir, mais quel bonheur d’arriver au belvédère du col : la vue est une fois de plus au rendez-vous, accueillis par un groupe venus du Var. Nous sommes tous ravis de cette rando (15km, 1300mD+, 9h), magnifique temps, dans un lieu idyllique. Une dernière surprise avec l’observation de la Cime de la Bonette, magnifique avec la luminosité de la fin d’après-midi. Il est temps de rentrer à Nice et se reposer avant la spéléo dominicale.

Tag(s) : #Rando Raquettes, #Rando Alpes
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