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CR Ultra de Lure

Samedi 23 mai 2015 – samedi, 16h30 vient à peine de sonner, la ligne d’arrivée est en vue ! Joie immense, celle de finir enfin à nouveau un ultra, mais aussi de venir à bout de ce trail de Haute-Provence pas si facile que ça. Au final, ce seront 79km et 3550mD+ qu’il nous aura fallu avaler au départ de Forcalquier (04), départ donné à 6h05 ce matin même. Il m’aura fallu un peu moins de 10h30 pour rallier l’arrivée au terme d’une très belle journée comme je n’en avais pas connu depuis longtemps en trail. Tout s’est bien passé et en plus, des jambes qui répondent bien durant toute la course. Comme souvent, le trail débute la veille du départ : j’ai pris la direction du Lubéron et de Forcalquier le vendredi après-midi pour le traditionnel retrait des dossards. Je découvre le joli village hôte, ancienne cité médiévale bien typique de la Provence. Je déambule un peu dans le centre-ville et repère notamment la place du Bourguet où se tiendra le départ. Je me rends ensuite au Couvent des Cordeliers en suivant les derniers hectomètres du parcours, pour découvrir l’aire d’arrivée et retirer mon dossard. Je m’imprègne des lieux et file au camping de Forcalquier où je passerai la nuit. Je monte la tente et prépare mes affaires en vue de la course, avec toujours les mêmes rituels : je fixe le dossard, prépare les vêtements et l’alimentation, range le sac. Vient l’heure du repas. Je me couche de bonne heure car le réveil sonnera à 4h30, le temps de bien manger et de plier le camp. Je dors bien et me réveille de bonne humeur. Les sensations ont l’air bien lorsque je cours un peu avant le départ. Il ne fait pas froid alors que le soleil n’est pas encore levé sur Forcalquier (558m). Le départ est donné à 6h05 pour les quelques 100 participants à cet ultra. C’est bien d’être en comité restreint comme cela.

CR Ultra de Lure

Le début de course est assez rapide et consiste en une succession de montées et descentes d’abord sur le GR6 (traversée d’Ybourgues et des Bourbons). Le 1er ravito se tient au Rocher de l’Ongles (km15.5). C’est ensuite une longue montée en forêt avec les bonnes senteurs provençales (lavande, pin, thym) et surtout, les rayons du soleil qui viennent nous lécher les mollets dans les passages exposés. Pas un nuage, à peine une légère brise : on sait que la journée promet d’être chaude. Et là, main gauche : le Mont Ventoux apparait. On pourrait le confondre avec la Montagne de Lure, mais elle serait alors trop loin ! Je sais alors que l’objectif se trouve sur la droite, encore masqué par les collines. Puis, sur un plateau, avant de basculer sur Lardiers, la Montagne de Lure apparait, facilement reconnaissable avec ses antennes : le chemin est encore long. Avant Lardiers, une descente directe azimut où on ne s’embarrasse pas de lacets pour rejoindre le second ravitaillement (km23.5). C’est depuis ce petit village que le trail débute alors vraiment. Nous entrons dans le vif du sujet puisque nous allons avoir à affronter une belle montée (près de 900mD+) pour rejoindre le sommet du Contras (1612m). J’avais prévu de ne pas me cramer sur la 1ère partie en vue de la portion qui arrive et de la longue descente du sommet de Lure, mais en repartant de Lardiers, en ayant fait le plein des gourdes, je ne sais pas du tout où j’en suis. Suis-je fatigué ? Entamé physiquement ? Je n’arrive pas à le dire. Je sais que j’ai déjà bien couru. Ai-je présumé de mes forces ?

CR Ultra de Lure

Après avoir traversé la plaine de Lardiers et serpenté entre les champs de lavande, nous débutons la terrible montée d’abord sur une piste puis sur un petit single. C’est à ce moment que notre parcours devient temporairement commun avec le parcours du Marathon de Lure. Le tracé devient un temps incertain, en fond de vallon : il est recouvert d’un épais tapis de feuilles dissimulant quelques pièges (branches, pierres). Je ressens alors le besoin de manger quelque chose de plus consistant. Et là, plus question de courir (pour le moment), je dois marcher. Je rattrape alors quelques concurrents du marathon, tous étonnés et admiratifs de nous voir passer un peu plus vite qu’eux. La montée quoique dure, permet à certains moments de relancer. Nous atteignons alors le 3ème ravitaillement du parcours (km32), quelques mètres sous le sommet du Contras : très belle vue sur les sommets lointains malgré quelques nuages, mais aussi sur toute la partie en crête de la Montagne de Lure. Cela fait 4h que nous sommes partis de Forcalquier. Nous contournons le sommet du Contras et passons à proximité d’une bergerie. Nous pouvons filer jusqu’à la Baisse de Malcort. Débute alors une longue portion en dents de scie jusqu’au ravitaillement de la station de Lure (km42) : nous contournons de nombreuses croupes et traversons plusieurs vallons. Nous ne voyons que rarement le sommet, caché par les antécimes ou par la forêt. Je suis surpris de rattraper autant de coureurs du marathon jusqu’à la bifurcation des parcours : eux descendent, nous montons pour donner le dernier assaut aux pylônes sommitaux. Je passe au sommet (km45), entre les 2 blocs d’antennes après 6h20 de course. Je souffre un peu à suivre mon compagnon dans les derniers mètres d’ascension. Aux verts pâturages couverts de fleurs (narcisses, tulipes sauvages, myosotis, gentianes, primevères…) succède alors un monde minéral. Nous effectuons presque 2km en crête, avec le vide main gauche et la pente régulière main droite.

CR Ultra de Lure

C’est au km47 que nous quittons la crête pour nous engager franchement dans la descente ramenant à Forcalquier via le GR de pays. Très rapidement, nous quittons le petit single bien sympa pour emprunter une large piste sans intérêt, dans la forêt, sans vue. Il faut courir, courir et encore courir. Ca tape. Heureusement, nous la quittons pour suivre un single bien sympa, celui des pistes de VTT. On slalome alors entre les arbres, en sous-bois. C’est nettement plus agréable mais le chemin est encore long avant de rejoindre St-Etienne-les-Orgues, d’autant que les nuages présents sur le sommet ont disparu, laissant place au soleil : il fait chaud et sous les arbres, la ventilation n’est pas facile. La délivrance arrive au niveau de Jas de Bêche : 2 demoiselles m’indiquent le ravitaillement à 2km ! Mais 2 longs kilomètres, de nouveau sur une piste caillouteuse. Je suis bien content d’arriver au ravitaillement (km63). Et là, je suis fatigué. Je mange un peu plus, bois un peu plus et mets même du coca coupé avec de l’eau pétillante dans une gourde. Je repars pour les 13,5 derniers kilomètres, en compagnie d’un concurrent du marathon car les 2 parcours se rejoignent ici pour terminer par le même itinéraire. Légère descente qui fait un bien fou. Je commets alors une erreur de parcours et dois bien laisser au moins 5min dans l’affaire. Je suis bêtement une piste alors qu’il fallait monter à même la pente. Petit coup derrière la tête avec cette erreur d’inattention. 6km après St-Etienne, nous arrivons à Fontienne où se tient le dernier ravito du parcours. Il reste alors 7/8km avant la ligne d’arrivée. Il fait chaud, je prends de l’eau car j’ai peur d’en manquer, surtout avec le passage dans les Mourres, où on peut cuire.

CR Ultra de Lure

La descente est rapide jusqu’au Truques. Là, ça remonte sec vers les Mourres, ces formes géologiques dans le rocher. Je remonte quelques concurrents du marathon et aperçoit toujours 3 concurrents de l’ultra. C’est alors que la perspective de finir la course et de basculer sur Forcalquier me requinque : grosse décharge d’adrénaline. Je passe la surmultiplié pour finir la montée et reprends un 1er gars dès le début de la descente. Suivent rapidement 2 autres, avec lesquels nous avons fait un bout de chemin plus tôt dans la journée. Je fonce vers l’arrivée, oubliant le mal de jambes pourtant très présent. Je repousse la douleur et ne veut pas l’entendre. J’aperçois alors le gars en bleu avec qui je suis allé jusqu’au 1er ravito avant qu’il ne file devant, puis que je le reprenne en descendant du Contras et ne repasse dans la longue descente sur Et-Etienne. Il est là. Je me donne pour objectif de le reprendre avant la fin. Il est loin… Disparait à chaque virage en entrant dans Forcalcquier. Mais je gagne mètre par mètre jusqu’au moment crutial sur la Place du Bourguet, théâtre du départ de la course 10h26 plus tôt. Il veut discuter, mais en se retournant, il me voit sur ses talons ! J’y suis. Il repart mais rien n’y fera : je suis plus frais et le laisse sur place en 2 foulées. Il faut alors descendre au Couvent des Cordeliers. J’ai mal aux jambes, je ne me retourne pas… Aie, il faut faire le tour du parc. Vais-je tenir ? Je suis acclamé, tous bluffé par mon ryhtme que je tiens depuis 4km maintenant. Je passe la ligne ! Heureux, finisher de la 2ème édition du THP, content, rincé. Je suis allé au bout de moi-même, atteignant et repoussant mes limites. Il me faudra au moins 20min pour me remettre de ce dernier effort. Direction la douche puis la séance d’ostéo avant le repas régénérateur. Je file alors en direction de la Vallée de la Gordolasque distante de 3h où je plante la tente. Demain, au levé du jour, les amis vont me rejoindre pour « tenter » le tour et l’ascension de la Malédie… Si dame météo est favorable. Pas de temps de récup. Je vais devoir gérer ma journée. Mais j’aurai au moins une belle satisfaction avec ce trail durant lequel j’aurai couru nettement plus qu’espéré…

Tag(s) : #Rando'Trail
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