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Mont Clapier en raquettes (3045m)

Dimanche 19 avril 2015 – Sortie, pas sortie ? Telle est la question qui anime la soirée du samedi. Les modèles météo sont tous différents : pluie continue (et neige en altitude), accalmie le matin mais forte dégradation l’après-midi ou temps correct… Etre optimise ou raisonnable ? Finalement, la sortie est maintenue. Nous allons tenter de sortir le Mont Clapier (3045m), sommet à 3000m le plus au Sud des Alpes et l’une, si ce n’est la plus belle vue des Alpes-Maritimes (du Mont Rose à la Corse, par beau temps) ! Direction donc le Pont du Countet (1692m). Là, dans la douceur ambiante (6°C), nous comprenons vite que la journée va devenir compliquée : le grésille se met à tomber alors que nous nous équipons. Le brouillard englobe les sommets les plus proches et la vue sur le Mur des Italiens n’inspire pas forcement à l’optimisme. Advienne que pourra… 8h15, nous traversons le pont au-dessus du torrent de la Gordolasque, à l’assaut du Clapier. Nous remontons l’ancienne piste en rive gauche avec des sacs bien lourds : crampons, piolet et raquettes accrochés sur le sac, plus baudrier et cordes pour certains. A peine la neige partie que les rhododendrons sortent et reverdissent. La pente commence à se redresser (b.413) lorsqu’il faut s’attaquer au Mur des Italiens. L’eau coule fort dans le torrent et la cascade est magnifique malgré le manque de luminosité. Le grésille a cessé, une légère brise souffle et la montée nous réchauffe bien vite. Au niveau du goulet, 1er contact avec la neige, dure avec le regel nocturne. L’enneigement est disparate et irrégulier dans le vallon derrière le Mur des Italiens. Nous progressons sur un bon rythme entre les blocs et névés glacés et nous rapprochons rapidement du barrage du Lac de la Fous (2173m) A peine le Mont Rond est-il visible (2828m). Malédie et Mt Colomb sont presque masqués par la brume…

Mont Clapier en raquettes (3045m)

Mais comme par miracle, l’astre solaire fait son apparition : une pause est nécessaire pour enfiler les lunettes de soleil et appliquer de la crème solaire. L’occasion aussi de grignoter un morceau et de se reposer les épaules déjà endolories par le poids du sac. Le ciel bleu se détacher derrière encore quelques gros nuages accrochés sur les sommets, nous empêchant de voir le Clapier derrière le refuge de Nice perché sur son promontoire, sur les hauteurs du Lac de la Fous, gelé et masqué par un fin saupoudrage de neige fraiche. La météo est avec nous, pour le moment et nous insiste à plus d’optimisme pour la suite de la journée. Nous contournons le Lac de la Fous et nous apprêtons à monter le ressaut menant au refuge de Nice lorsqu’un vent glacial et puissant fait se met à nous secouer les oreilles. Le sommet dans ces conditions est impossible. Au refuge, alors que la pente menant au sommet sera ininterrompue et sans répits (800mD+), nous allégeons un peu les sacs en passant nos crampons. Heureusement, très vite, le vent glacial descendant du vallon des lacs du Niré se calme alors que nous montons sur l’épaule en contre-haut du Vallon du Clapier.

Mont Clapier en raquettes (3045m)

A la base, nous devions grimper au sommet en empruntant le Couloir Asquasciati, mais vue la neige gelée, nous préférons y renoncer : elle n’a pas suffisamment ramollie à notre gout. Et monter au Clapier par la voie hivernale normale relève déjà d’une belle prouesse, tant la route est longue et le dénivelé important. Cime Niré et Tête du Lac commencent à bien ressortir au Sud. Nous empruntons des passages assez raides, de véritables murs et réalisons aussi quelques traversées en dévers. A chaque fois, les crampons remplissent leurs rôles en nous maintenant sur nos 2 jambes sur des pourcentages vertigineux. Nous montons tranquillement et prenons de plus en plus de hauteur, sous un bon petit soleil qui nous donne l’occasion d’admirer le paysage alentour. Neiglier (2786m), Ponset, Pointe André, Mt Rond, Serre de Pagari (la Malédie restant embrumée), Chamineye, Têtes de Basto… Que la montagne est belle. La Cime Asquasciati masquant encore le sommet du Mont Clapier. Lorsque nous sommes assez haut, c’est le Gélas (3143m) que nous apercevons à l’Ouest, 2 personnes s’attaquant à son couloir Est. Il reste 400mD+, 300mD+ et enfin 150mD+ lorsque nous préférons laisser filer le groupe pour rassasier un peu les estomacs. Il fait faim et les dernières pentes promettent d’être terribles. Mieux vaut manger un morceau rapide maintenant.

Mont Clapier en raquettes (3045m)

13h, nous arrivons tous au sommet, alors qu’une brume passante nous entoure. La vue ne porte pas autant qu’espérée, mais qu’importe, nous venons de vaincre le Mont Clapier (3045m) 4h45 après avoir quittés le Pont du Countet. Nous voyons même le Mt Bégo, majestueux au loin et la belle pyramide de Chamineye, plus proche. Après une bonne pause au sommet, il est temps d’amorcer le chemin du retour. La 1ère partie va nous réserver quelques belles vues sur les Cimes Lusière (2907m) et de Chamineye (2921m). C’est là que l’idée nous prend d’aller prendre le pouls du couloir Asquasciati Sud. Il n’est pas mal au final : pourquoi ne pas se faire un petit plaisir à la descente ?! Et nous voilà à tailler les marches dans une bonne neige avec quelques mètres où elle est plus dure. Très bonne partie, technique et intéressante. En bas du couloir, nous allons enfin chausser les raquettes. Mieux vaut tard que jamais. Mais ça sera de courte durée.

Mont Clapier en raquettes (3045m)

Emportés par liesse du couloir, nous n’allons pas suivre la trace du sentier été main droite et nous laisser embarquer le long d’un vallon qui hélas va se finir sur des barres rocheuses infranchissables. Nous rebroussons donc chemin, remontons quelques bons mètres qui commencent à faire chauffer les guiboles déjà bien échaudées par quelques 1400mD+. Et c’est crampons à nouveau aux pieds que nous trouvons une voie pour rejoindre le large vallon de la Fous. Là, en sécurité, nous remettons les raquettes définitivement, alors qu’un fin grésille se met à tomber et un voile de brume enveloppe les sommets alentours. Le Lac de la Fous a bien changé depuis le matin, bien aidé par la douceur ambiante et les rayons du soleil. La glace emprisonnant les eaux laisse maintenant voir l’eau du lac. Ce matin, la neige fraichement tombée nous masquait la minceur réelle de la glace… Nous tirons un max avec les raquettes aux pieds, quand il nous faut nous résoudre à les raccrocher au sac, à quelques hectomètres du Mur des Italiens. Arrivés au dit mur, une harde de chamois, peu farouches nous accueille pour notre plus grand plaisir. Les premiers de l’année ! Comme quoi, nous ne sommes jamais lassés. On passe ensuite le névé du mur pour finir par longer l’interminable piste ramenant au Pont du Countet, en mode robot, le sac tirant comme il faut sur les épaules. Nous en profitons pour admirer la magnifique cascade et ses vasques aux eaux limpides. Et de-ci de là, quelques violettes jaunes et coucou nous rappellent que c’est l’heure du printemps dans les vallées du haut pays. Très longue journée puisque nous repassons le pont de la Gordo à 18h15, soit +10h avec 18km au compteur et 1520mD+. Un sommet à 3000m cela se mérite, été et encore plus en hiver, mais la satisfaction reste bien présente malgré une vue réduite là-haut.

Tag(s) : #Rando Raquettes, #Rando Alpes
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