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Col de la Roche Trouée 2583m

Samedi 17 janvier 2015 – un mois que je ne suis pas retourné dans le Mercantour. Autant dire que je me fais une joie du week-end à venir d’autant que 2 randos sont au programme avec le club. Direction la Haute Vallée du Var : nous serons basés au Refuge de la Cantonnière (1845m), à Estenc où le beau temps va reigner en maitre pendant 2j. La route est longue jusqu’aux sources du Var et une fine pellicule de neige recouvre la route jusqu’au hameau d’Estenc à partir d’Entraunes. En arrivant, il ne fait pas encore vraiment soleil : les Aiguilles de Pelens sont encore enveloppées de brume et nous commençons la rando en chaussant les raquettes directement au refuge : le pied ! 25cm de fraiche se sont déposés à 1900m la nuit précédente. Nous remontons le Vallon de Sanguinière. Le long du torrent, les pierres sont recouvertes d’un beau chapeau de poudreuse. Nous peinons un peu à nous réchauffer en slalomant entre les arbres saupoudrés de neige fraiche : c’est superbe. La neige tombée récemment nous régale avec ce décor immaculé. En arrivant aux Cabanes de Sanguinière (2049m), le soleil commence à faire son apparition révélant encore un peu plus la beauté des lieux avec les cimes qui se dégagent (Têtes des Agneaux et de Gorgias au-dessus d’une belle forêt, Cime de Cartairet). Là, nous prenons la direction du Vallon de Gorgias, vers le Sud-Est et commençons par traverser une passerelle et monter doucement en contre-haut du petit torrent.

Col de la Roche Trouée 2583m

La neige commence à se faire plus abondante et freine notre progression car la trace est plus difficile à faire. Chacun se prête au jeu dans la limite de ses possibilités car le cardio et les cuisses sont soumis à rude épreuve. Les flancs de ce vallon sont recouverts de plus de 50cm (voire plus par endroit) : la neige a été soufflée et s’est accumulée aux points bas. Contents d’arriver à la cote approximative de 2300m, au pied de la falaise la Pointe du Trou de l’Ane. Les conditions nivologiques nous font revoir nos plans : la Sanguinerette n’est pas une bonne idée. Trop de neige s’est accumulée et elle n’a pas encore transformée. Aucune cohésion entre les anciennes chutes et la récente. D’ailleurs, depuis quelques minutes, d’inquiétants grondements (le célèbre « Vroum ») se font entendre au fur et à mesure de notre avancée ! La neige se tasse sous notre passage. Parfois, une unique personne suffit à fissurer la neige et former de petites plaques. Inutile de dire que sur les pentes raides menant au sommet, le risque sera encore accru. Déjà que nous sommes en risque 4/5 ! Restons dans le Vallon de Gorgias, plus large et dirigeons-nous vers le Col de la Roche Trouée. Les conditions changent : la neige est plus dure : elle a été soufflée et nous marchons parfois sur de la glace seule. Nous passons sous les falaises et découvrons enfin le passage menant à la Pointe du Trou de l’Ane et la Cote de l’Ane, lorsque le Col de la Roche Trouée se révèle enfin : une muraille avec des cheminées de grès de part et d’autre. Au pied du col, un chaos rocheux se présente. Derrière nous, les Garrets, le Trou de l’Aigle, le Pelat et même le Cimet, alors que les Tours d’Allos se démarquent elles-aussi, dans la continuité de la Montagne de l’Estrop, belle crête rocheuse très proche de nous. Les paysages sont splendides avec le soleil qui brille dans un ciel bleu azur. La montée au Col se passe bien, à slalomer entre les blocs. Seuls les derniers mètres sont un peu plus raides dans une neige dure, mais le panorama vaut encore une fois le coup ! Bolofre et Gorgia au-dessus du Vallon de Gialorgues. Et une belle enfilade de sommets vers l’Ouest. Même si le vent souffle et nous refroidit, nous prenons bien le temps.

Col de la Roche Trouée 2583m

La descente n’est qu’une formalité. Après le repas, nous nous éloignerons un peu du reste du groupe pour suivre notre propre cheminement dans une neige vierge de traces. Même si la progression est plus dure, nous goutons au plaisir de la montagne l’hiver, seuls, dans un calme sidéral et faisons la trace dans une très bonne neige aux sons des vroum ! Nous redécouvrons la plaine de Sanguinière sous le soleil au retour. Les arbres givrés sont encore plus beaux avec des stalactites de-ci de là au bout des branches. Nous regagnons tranquillement la Canto non sans admirer Roche Grande, ce bel anneau aux formes particulières. Quand même 13km pour un dénivelé modeste de 800mD+, mais l’essentiel était bien dans les paysages grandioses de la journée. Place à l’apéro maintenant avant une bonne nuit de sommeil et une journée de dimanche tout aussi prometteuse.

Tag(s) : #Rando Raquettes, #Rando Alpes
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