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Aven du Calernaum

Dimanche 30 novembre 2014 – il pleut, vigilance jaune en cours sur le 06 alors que le Var et les départements de l’Ouest méditerranéen ramasse à mort ces derniers jours, nous décidons une fois encore d’aller sous terre. Nous profitons du fait qu’un autre club ait équipé l’Aven du Calernaum (41-F1) pour nous y rendre. Il s’agit d’un des grands classiques du département avec près de 11km de galeries une fois le niveau savon des marnes atteint à -200m. Il pleut et les températures baissent en arrivant sur le plateau de Calern. La première mission consiste à se changer et à rester au sec. C’est difficile car il y a du vent et aucun abri digne de ce nom en face de l’observatoire. Nous enfilons les vêtements propres à l’intérieur de la voiture avant de se résoudre à sortir affronter le froid pour enfiler bottes, combi et baudrier. Nous prenons ensuite la piste en direction de l’Est alors que la pluie redouble et que le vent forcit. Nous dépassons 7 dolines avant de tomber sur l’Aven du « sens interdit » : des pierres barrent en forme de sens interdit un cercle de verdure. C’est là que s’ouvre l’Aven du Calernaum. Il faut chercher un peu dans les gradins calcaires l’entrée du gouffre fermé par quelques barres en fer rouillée. Le ressaut d’entrée est étroit et amène à un 1er puits de 20m. L’eau y ruisselle un peu. Les parois sont totalement vierges de boue, comme complètement lavées par l’eau.

Aven du Calernaum

2 ressauts que l’on passe en désescalade puis un P18 rapidement avalé. Au bas de celui-ci, un beau pendule permet d’atteindre une lucarne qui donne accès à un méandre bas et étroit. Là, une vire, équipée en fixe et très glissante sur les calcaires totalement humides débouche ensuite sur le Puits Pi (P30), suivi du Puits des Météores, du Puits David et enfin d’un énorme P80 : le Puits Goliath. Là, l’eau goutte énormément. Tous ces puits sont magnifiques : de beaux bancs calcaire entrecoupés de quelques courts méandres. On domine bien souvent chaque puits en apercevant la base, grâce aux frontales des camarades. Chaque fractio dans le P80 permet de changer de côté du puits. Rendus à la base de celui-ci, nous nous retrouvons à -209m : nous avons atteint le niveau de glissement du chevauchement vers le sud du plateau de Calern, un niveau savon composé de marnes imperméables du Cénomanien. Là, la topo change radicalement : fini les puits qui nous ont permis de traverser les 200m de calcaire composant le plateau de Calern : nous nous retrouvons dans une galerie à faible pendage. Place à la boue issue des marnes. Au-dessus de nos têtes : le plan de chevauchement ! Impressionnant. On remarque aussi des marqueurs de déplacement. Nous progressions pour ainsi dire à l’horizontal, même si nous descendons globalement. Parfois, nous suivons l’actif, parfois nous le quittons pour un réseau un peu plus haut, c’est le cas lorsque nous entrons dans la galerie Ali Baba. Aucune concrétion dans les puits, festival dans les galeries. Partout autour de nous. L’actif est transformé en rivière souterraine bien gonflée par les pluies du mois de novembre, canalisée ici à cause des marnes sous-jacentes. La progression est magnifique et gagne encore quelques degrés lorsque nous rejoignons la galerie Mamouth, très richement concrétionnée. Toute la progression est sympathique, soit directement les pieds dans l’actif, sous en passant quelques passages bas, soit en franchissant quelques passages d’escalade.

Aven du Calernaum

Bon rythme jusqu’à atteindre le camp à -330m, un vaste espace où nous mangeons. A peine plus loin : la Clue, le must ! Là, les parois se resserrent et l’eau, très abondante est canalisée dans un canyon. Le bruit devient assourdissant. Il y a parfois tellement d’eau que nous ne prenons pas le risque de la voir envahir nos bottes. Nous passons en opposition ou en écartant bien les appuis sur les parois. Marrant. Par contre, juste avant de rejoindre une voute mouillante, nous stoppons notre progression aux alentours de -350m, devant un méandre très aquatique : une vasque en bas d’un petit ressaut. Nous sommes suffisament mouillés et il faut encore penser à la remonter : une bonne marche en globale montée (de -350m à -200m) sur environ 600m suivi de 200m de remontée verticale. Nous gérons bien l’effort durant la marche en calculant bien nos gestes et nous présentons à la base des puits à 16h20. Nous montons bien tranquillement et profitons du superbe spectacle. La sortie de la lucarne est un peu acrobatique pour moi, mais l’enchaiement des longueurs se fait de manière fluide, sans accros et assez rapidement. J’attendrai les suivants pour ne pas sortir trop tôt, au risque de me refroidir durant l’attente. Par contre, à la base des 2 derniers puits, je trace et arrive en surface : content de revoir les traces de végétation sous le ressaut final. En mettant la tête dehors, il semble ne pas pleuvoir, hormis quelques gouttes qui semblent revenir. Plus loin, un troupeau fuit en voyant ma frontale émerger du trou étroit. Il y a du vent : je fonce à la voiture me réchauffer et enfiler des vêtements secs. Mes camarades m’imitent moins de 20m après. Nous remballons à la nuit noire et dans le froid (à peine 9°C). Il faut ensuite regagner la cote où un bel orage éclate ! Très belle sortie dans cet immense gouffre : au top !

Tag(s) : #Spéléo
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