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Petit Renard à Mobylette

Dimanche 23 novembre 2014 – le plateau de St-Vallier compte de nombreuses cavités. C’est donc naturellement là-bas que nous nous rendons après être allé sur le plateau de Calern la semaine dernière : dure loi de l’alternance. Conditions optimales pour se changer et se vêtir de nos combi + quincaillerie : le petit parking faisant face à l’école primaire du village nous permet de bien prendre nos aises, déballer le matériel et les kits à préparer. Nous traversons ensuite la route et suivons pendant 3min une petite sente qui nous mène donc rapidement à la grille fermant l’entrée de la cavité 129-T6 : l’Aven du Petit Renard à Mobylette, dont la profondeur est de -125m par rapport à l’entrée, pour un développement de 225m, une cavité essentiellement verticale. Entre 2 bancs de calcaire haut de 2m, une ouverture permet de se glisser dans les entrailles de la terre, fermée par une grille. Il s’agit d’une cavité très récente : découverte en 1995. Pourtant, les blocs de l’entrée sont déjà bien patinés, uniquement par le passage des spéléos ! Nous utilisons les trous dans les blocs et un arbre situé au-dessus de l’entrée pour mettre en place la main courante et descendre le 1er ressaut de 4m, assez étroit. De belles araignées et criquets se cachent entre les fissures. Là, une barre non scellée marque le début d’une belle verticale de 64m que nous allons descendre plein vide jusqu’à la profondeur de -71m. Le puit s’élargit rapidement et laisse voir très vite de nombreuses concrétions et coulées de calcite sur les parois, rendant la descente très spectaculaire, d’autant que je suis seul, car j’équipe ce puit. Je mettrai en place un fractionnement à -19m et un dernier à -52m, de quoi couper la longue verticale.

Petit Renard à Mobylette

Ce n’est jamais évident, lorsque l’on découvre une cavité de chercher les spits et ancrages naturelles qui permettent de mettre en place les points dans le calcaire. Je descends donc très prudemment pour ne pas risquer de les manquer. C’est d’ailleurs ce qui a failli arriver à -52m. Heureusement que je suis arrivé à proximité du nœud qui raboutait les 2 cordes. Je peux ensuite caler en bas, sous les gouttes qui tombent sans discontinuer. Je repère vite la suite, en attendant les collègues qui me rejoignent. Après un petit passage étroit, nous débouchons dans une belle salle richement concrétionnée avec quelques excentriques notamment. Méandre dans lequel nous nous contorsionnons un peu pour ensuite désescalader en opposition un ressaut de 2m qui s’ouvre sur un P12 sur une belle coulée de calcite. Il y a quelques trous entre les blocs. A la base de ce puit, de superbes gours remplis d’une eau limpide. Une étroiture semble avec du volume semble s’ouvrir et déboucher directement depuis le méandre supérieur. Nous passons ensuite dans une galerie un peu étroite où les blocs et les concrétions se suivent : passage très joli avec une bonne étroiture à négocier. Nous suivons l’actif avec de l’eau sous nos pieds sous des trous. Nous nous arrêtons pour manger un morceau dans une petite salle où nous pouvons tous les 4 nous assoir. Excentriques, stalactites et stalagmites veillent sur nous. Là, nos 2 camarades amorcent la remontée alors que nous allons continuer au moins jusqu’à la base du P26.

Petit Renard à Mobylette

Il faut que nous passions un petit ressaut de 2m très humide : l’eau y coule bien. Nous mettons en place une main courante et arrivons dans un petit méandre étroit au bout duquel nous pouvons mettre en place nos 2 plaquettes et descendre plein gaz le P26. Il faut installer une déviation à -21m pour s’éloigner de blocs. Nous arrivons alors à la profondeur de -118m. Pas de boue, totalament lavée par l’eau. En effet, on remarque quelques petits cailloux bien ronds, laissés par une crue au creux d’une petite marmite. Et en effet, 2m plus bas, une belle vasque noye partiellement le boyau (20ml) dans lequel nous devrions continuer pour arriver au siphon terminal à -125m. Nous n’y allons pas. Nous sommes déjà bien humide et allons devoir remonter les presque 120m en déséquipant l’ensemble de la cavité. Il nous faudra entre 2h30 et 3h pour remonter et sortir à la nuit noire. Nous chopons de beaux coups de chaud sur les grandes longueurs du puit principal. Nous négocions bien les étroitures et sommes bien contents d’arriver à la surface avec cette belle explo : beaucoup de concrétions, une belle longueur de corde, des étroitures, des méandres et de l’eau, ce qui donne toujours une valeur ajoutée à la sortie. Il faut ensuite rentrer à Nice. Peu avant Villeneuve-Loubet, un sanglier est immobile le long de la route, et regarde les voitures passer : inhabituel. C’est avec quelques courbatures que la journée se termine.

Tag(s) : #Spéléo
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