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Grand Gendarme Pointe Giegn (2888m)

Lundi 20 octobre 2014 – l’été jouant les prolongations dans le sud de la France, nous décidons un peu à la dernière minute le dimanche soir de profiter de 2 belles journées (lundi et mardi) pour réaliser 2 courses d’alpinisme aux alentours du Lac Nègre dans le Mercantour. Une course cotée D à la Pointe Giegn (2888m) et la montée au Cayre du Prefouns (2835m – cotation TD), entrecoupées d’un bivouac au Lac Graveirette. C’est au parking de Salèse que nous répartissons le matériel nécessaire pour les voies mais aussi pour le bivouac : tentes, réchaud, nourriture, coinceurs et cordes. Nous sommes bien chargés et je pense que nous ne sommes pas loin des 10kg/pers. La première étape va consister à rejoindre le Lac Graveirette (2240m) pour nous délester des affaires dédiées au bivouac. 9h20, nous quittons la voiture et arrivons en 1h45 au Lac Graveirette où nous cachons les affaires derrière une pierre, tout en dégustant des myrtilles présentes tout au long du chemin. 15min de pause tout au plus le temps de décharger/recharger les sacs et nous nous lançons à l’assaut de la Crête Colombrons, prolongement vers le sud de la Pointe Giegn. Nous prenons rapidement de la hauteur et gardons un très belle vue sur le Lac Graveirette, encerclé de mélèzes aux couleurs dorées. Plus loin, c’est le Rogué et Fremamorte sous lesquels s’ouvre un cirque glaciaire et ses lacs. Au loin, on aperçoit le Gélas, la Ruine et le Guilié, le Brocan et les contreforts de l’Argentera.

Grand Gendarme Pointe Giegn (2888m)

Mais la progression ne s’arrête pas là, nous basculons dans l’immense Combe du Giegn alors qu’un cirque de granite, lunaire nous fait face. Il se termine par le petit Lac Sculos. Mollières en fond de vallée, sous le Mont St-Sauveur. Quel paysage qui diffère avec le panorama sur Fremamorte ou celui vers le Pépoiri, au sud. Le Giegn et ses falaises nous fait à présent face. Nous nous dirigeons vers cette belle face ouest dans un beau pierrier où tous les blocs bougent sous nos pieds. Nous repérons facilement le pied de la voie qui nous intéresse : le Dièdre Vernet (D), l’une des voies historiques de l’alpinisme du Mercantour (voie ouverte le 28/10/1934). De loin, c’est une simple fissure, mais depuis le pied de la voie, on se rend compte que c’est en fait bien un dièdre. Le cheminement est très logique, toujours dans la faille. Nous commençons à grimper à 13h20. Il y a 7 longueurs à parcourir sur un très beau rocher, un granite bien chauffé par les rayons du soleil. On remonte donc le dièdre sur les 3 premières longueurs. La difficulté est continue mais pas insurmontable. Elle varie entre du III et IV+. Un surplomb nous barre ensuite la voie : nous le contournons pas la gauche et nous nous retrouvons face à une belle dalle équipée de nombreux spits. Plus que ce que nous avons vu jusque là… En effet, cette voie ne possède que peu d’équipement, à part les relais, nous avons à poser nos points pour monter en toute sécurité.

Grand Gendarme Pointe Giegn (2888m)

Finalement, nous nous engageons dans cette dalle et c’est en fait la voie d’à côté (les enfants de la brume) qui est coté en 6a ! Belle bêtise. Nous allons laisser au moins 1h30 dans l’affaire car nous allons taper un rappel et reprendre pour les 2 dernières longueurs, plus sur la droite. Nous nous retrouvons donc sur un éperon et terminons pas une cheminée et des dalles, là encore en IV+. Une fois au sommet du Grand Gendarme, le soleil décline à une vitesse impressionnante et teinte de rose toutes les cimes alentours, du Matto, au Gélas, mais aussi le Mont Viso très loin. Le soleil a déjà disparu à l’horizon lorsque nous nous lançons dans la traversée de l’arête menant au sommet de la Pointe Giegn (2888m), marqué par une simple petite croix en bois.

Grand Gendarme Pointe Giegn (2888m)

Nous prenons juste le temps de profiter de la vue avant de plonger en direction du Lac Nègre par la crête Sud-Est, itinéraire de rando. La sente est légèrement marquée, mais nous la voyons à peine tant la luminosité a baissé, mais que l’horizon et la mer de nuages sur le littoral est beau. En nous retournant, nous pouvons apercevoir une dernière fois les Aiguilles du Lac Nègre dans la pénombre. Et finalement, il fait trop sombre pour apercevoir le Lac Nègre sur notre gauche et le Lac de Graveirette (notre destination) sur la droite. Nous allumons nos frontales sur la crête séparant les 2 lacs. Nous décelons un couloir qui va nous mener directement aux bords du Lac Graveirette. Un petit torrent et nous faisons le plein d’eau avant de contourner le lac et de retrouver non sans une certaine difficulté nos affaires posées derrière une pierre. Dès qu’on s’arrête, on sent la fraicheur des lieux. 2 frontales s’allument à notre arrivée sur l’autre rive du lac. 2 autres alpinistes à n’en pas douter. Il est 20h10 quand nous commençons à monter les tentes. Il fait 4° dehors, mais tant que nous bougeons, il ne fait pas trop froid, le temps de préparer à manger : des pâtes et une bonne soupe chaude, accompagnés d’un cake aux olives. De quoi reprendre des forces après cette très longue journée. Une marche d’approche très longue et fatiguante (1150mD+ au pied de la voie en 3h30). Une belle voie et du début à la fin, un paysage extrêmement sauvage à couper le souffle. Pas âme qui vive : des chamois mais de loin. Nous entrons dans les tentes un peu avant 22h, bien fatigués par cette 1ère journée. Nous espérons que la nuit ne sera pas trop fraiche et que nous allons pouvoir bien récupérer pour attaquer la 2ème ascension, encore plus difficile que le Gendarme du Giegn. Mais notre repos est rapidement troublé par des bruits à l’extérieur. La casserolle est secouée : quelque chose s’occupe des restes au fond. Cette chose ne tarde pas à donner un coup à quelques centimètres de ma tête, puis une seconde fois. Je bouge, fait du bruit, cri un peu et allume ma frontale. Quelques instants après, c’est la tente de mon binôme que l’animal s’attaque et avec acharnement. Pas plus rassurés, nous hésitons à sortir. Quand nous le faisons, nous découvrons un petit renard qui s’active au pied de la tente. Est-il bloqué ? A-t-il senti quelque chose ? Il fuit finalement mais reviendra finalement 2 fois avant de nous laisser enfin dormir.

Tag(s) : #Rando Alpes
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