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Paglia Orba (2525m)

Mardi 16 septembre 2014 – Levés très tôt, à 6h. Petit déj sous le ciel étoilé encore tout noir au Castel de Vergio. Quelques randonneurs se lèvent également. 6h30, nous sommes à la voiture et gagnons en 5min le Col de Vergio (1477m) où nous garons la voiture entre 2 camping-cars. A 6h40, chaussés, couverts, nous nous lançons dans la rando devant nous conduire au sommet de la Paglia Orba (2525m). La luminosité commence à peine à augmenter en direction de l’est. Les premiers nuages bas se teintent juste d’un orange. Nous partons en direction du nord dans une forêt de pins laricio très clairsemée, ce qui conjuguée à une lune encore bien pleine, nous permet de commencer sans avoir recours à une lampe frontale. En 45min, nous descendons à la bergerie de Radule. Quelques vaches broutent le peu d’herbe présente sur le sol. Une vache et son veau va même nous obliger à quitter le sentier de peu d’une réaction imprévisible de la part de celles-ci. Plus le temps passe et plus le ciel s’éclaircit, jusqu’à voir arriver les premiers rayons du soleil sur le Capu di a Merla, rocher proéminent situé au-dessus de la bergerie Radule encore endormie. Là, nous rejoignons le GR20 qui va nous mener jusqu’au refuge Ciutttulu di i Mori. Les chèvres du berger sont encore enfermées dans l’enclos de la bergerie alors que le sentier change de profil : nous commençons à monter. D’énormes pins laricio se détachent partout autour de nous. De beaux spécimens qui poussent seuls, séparés les uns des autres sur un substrat très rocheux. Le sentier est toujours bien marqué, mais des pierres (en moins grande quantité que vers le Cinto malgré tout) se répartissent sur le sentier. Nous sommes encore seuls sur le GR alors que nous franchissons une belle passerelle sur le Golo qui prend sa source sous la Paglia Orba. Premier petit verrou à franchir avant d’arriver à une zone plus plate entre Guagnerola et Furmicuccia. Là, le Golo laisse voir quelques très belles vaques (1544m) d’eau claire et limpide dans ces belles roches roses composant aussi le sommet : un conglomérat d’arkose et de pélite qui compose tout le massif de la Paglia Orba. Là, petit répit dans la montée : celle-ci s’adoucit un peu dans le fond de cette vallée alors que nous croisons les premiers randonneurs descendant du refuge Ciuttulu.

Paglia Orba (2525m)

Après cet interlude plus calme, les choses sérieuses reprennent avec la montée sur la crête nord du Capu di Guagnerola. Le GR devient bien raide et glissant dans des cailloux nous stabilisés, mais quel spectacle en débouchant sur la crête ! La Paglia Orba et le refuge sont totalement visibles. Une superbe lumière éclaire la montagne à gauche de laquelle se dresse le Capu Tafunatu. Et plein ouest, le Capu Rossu et la réserve de la Scandola. On aperçoit même le Capu d’Ortu qui se dresse au-dessus des gorges de Spelunca. Quelle vue, pas un seul nuage à l’horizon et la lumière de ce début de journée de fin d’été est magnifique sur ces montagnes. Au fond du vallon que nous venons de quitter on aperçoit la ferme de Tula. En 2h30 tout juste, nous arrivons au refuge, tout calme. Les randonneurs l’ont déjà quitté. Nous prenons une pause alors que 9h vient juste de sonner. Nous repérons le sentier, une flèche blanche indique la direction du Col des Maures (2155m). Le sentier semble ainsi évident. Et en effet, les cairns disposés le long du sentier ne laissent pas de place au doute. Nous nous élevons rapidement vers le Col des Maures, non sans observer la vue sur la vallée du Golo et le refuge Ciuttulu qui rapetisse rapidement. Moins de 20min après avoir quitté le refuge, juste avant d’atteindre le col, nous obliquons à droite, en suivant des cairns qui indiquent la voie normale menant au sommet de la Paglia Orba. Nous allons devoir redoubler de vigilance car à présent, le sentier s’efface. Nous allons progresser hors sentier, uniquement à vue, en suivant les cairns disposés aux endroits stratégiques par nos prédécesseurs. Nous arrivons très rapidement sous des falaises. Mais par où allons-nous passer ?! Au premier abord, ce n’est pas évident, mais les cairns nous l’indiquent rapidement. On trouve un passage dans une première cheminée dans laquelle on doit rapidement mettre les mains (pas d’escalade II). Ça reste facile, mais il faut être vigilent pour bien suivre les cairns et ne pas se retrouver coincés. Nous sommes dans un beau chaos rocheux, la progression est plaisante. Suis juste après une seconde cheminée, encore plus impressionnante que la première : plus longue, plus large avec juste un seul passage possible. Nous débouchons alors sous le sommet Ouest de la Paglia Orba. Il nous reste encore un petit effort avant d’arriver au sommet. Mais déjà les premiers nuages font leur apparition, venant de l’Est. Nous espérons profiter quand même un peu de la vue là-haut, au sommet qui se rapproche. La partie de l’ascension se fait sur une belle sente, sans difficulté. Le sommet (2525m) est marqué par une croix et un point topographique de l’IGN. Nous l’atteignons en à peine plus d’une heure après avoir laissé le refuge Ciuttulu. Soit 1h de moins sur le temps prévu pour la montée. Il faut dire que la voie normale n’est pas si dure, à condition de bien suivre le cheminement de cairns dans les rochers parfois très imposant et qui barrent vite la vue sur l’itinéraire. Mais en tout cas, vraiment une belle ascension. Plaisante sur un rocher qui offre de bonnes prises tant pour les mains que pour les pieds. Un régal. Nous espérons que la descente se passera aussi bien que la montée. Du sommet, nous avons une vue très intéressante sur le rocher voisin : le Capu Tafunatu (2335m), rocher qui possède un trou aux dimensions assez impressionantes.

Paglia Orba (2525m)

Malheureusement, la vue à 360° n’est pas au rendez-vous, gâchée par cette brume montante, une fois encore. Dommage. Une pointe de déception quand même. Nous apercevrons de manière temporaire le lac de Calacuccia et la vallée d’Albertracce. Après une heure passée au sommet, nous amorçons le retour. Ce sont des nuages fins qui passent, car nous apercevons rapidement le Capu Tafunatu par intermittence. Lorsque nous débouchons en haut de la première cheminée, le vide qui nous fait face est impressionnant. Certains passages nécessitent de passer face à la paroi en désescalade, parfois, en passant sur les fesses c’est bon. Les cairns aident bien pour progresser et la descente est un peu plus lente que la montée, vigilance accrue et surtout on en profite pour faire quelques photos de ces passages clés. Nous sommes contents de sortir de ces passages sans encombre. Belle partie de main. Très intéressante, et surtout, le soleil est de retour lorsque nous retrouvons le sentier menant au refuge Ciuttulu où nous faisons une bonne pause d’environ 30min.

Paglia Orba (2525m)

Le temps de prendre un Corsica Cola, alors que de nombreux randonneurs effectuent aussi une halte ici pour l’heure du déjeuner. Nous sommes un peu décallé avec de départ très matinal, cette pause repas au sommet, mais nous n’en avons que faire, car cette ascension restera comme l’une des plus belles rando que nous ayons faite jusque-là. Intéressante dans l’orientation, la progression sur un très bon rocher et même si la vue n’était pas au rendez-vous là-haut, la Paglia Orba est une très belle montagne. Nous allons pouvoir continuer à l’observer pendant quelques temps, car durant toute la descente, elle sera là, dans notre dos à veiller sur notre descente. Quelques nuages plus menaçants semblent malgré tout arriver de l’Est. Nous espérons avoir suffisamment de répit pour profiter des vasques au soleil. La descente en crête puis vers le fond du vallon du Golo se fait rapidement, bien réchauffés par le soleil qui tape fort à présent sur notre secteur. Nous croisons de nombreux groupes de randonneurs effectuant la montée et apercevons parfois aussi quelques vaches au coin d’un bosquet. Le moment de la vasque approche, avant de repasser en rive gauche du Golo. Mais le soleil se masque parfois. De toute façon, à 1500m l’eau est froide. Impossible d’y mettre plus que les mollets. Elle est par contre un peu moins fraiche que sous le Cinto car j’arriverais à y rentrer aussi mes cuisses et à y rester sans souci, à l’inverse du Cinto où la circulation sanguine dans les pieds y avait été mise à rude épreuve. La fin de trajet, même si elle n’est pas compliqué passe un peu en mode robot, tant la descente jusqu’à la bergerie de Radule que la remontée vers le Col de Vergio (150mD+). La journée aura été longue et on ne pense qu’à rentrer. Content d’en terminer mais surtout d’être arrivés au sommet de cette belle montagne : la plus belle de Corse. Au total, course de 9h30, bon, certes avec les pauses, mais quand même 8h de marche approximativement et 1500mD+ (17km).

Tag(s) : #Rando
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