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Arêtes du Gélas

Vendredi 18 juillet 2014 – c’est lâché ! Entre RTT des uns et retraite des autres, une course s’organise. La météo est très favorable avec néanmoins un risque d’orages en fin d’après-midi sur le Mercantour, chose habituelle ici. Au programme de la journée alpinisme, la traversée complète des arêtes du Gélas (3143m), depuis le Collet Saint-Robert jusqu’au Balcon du Gélas. Après vérification et répartition du matériel, nous démarrons l’ascension à 7h30 depuis le Refuge de la Madone de Fenestre (1905m) alors que le soleil n’éclaire que l’Agnellière, mais, déjà, la Cime du Gélas se desse à l’horizon. Nous suivons pendant quelques minutes le GR52 en direction du Lac de Fenestre. Nous quittons le GR pour emprunter une légère sente uniquement marquée par quelques cairns. Nous passons sous les petites falaises qui entourent le Lac de Fenestre et arrivons au niveau du Lac Mort (2527m). Celui-ci est directement sous la Cime St-Robert et quelques morceaux de glace flottent encore sur le lac, sans exutoire. Nous nous rapprochons du Gélas et ses arêtes Sud-Ouest barrent la vue. En se retournant, nous avons une très belle vue sur le vallon de Fenestre. Plus bas, ce sont les Lacs Balaour que dominent le Ponset, le Caïre Carbet et les Caïres de la Madone. Plus au loin, c’est la Cime de la Valette de Prals et tout le cheminement en crête réalisé en fin de saison lors d’une rando raquette.

Arêtes du Gélas

C’est en arrivant sous les barres du St-Robert que nous allons devoir remonter une combe, et chose plus délicate, elle est recouverte de neige. Heureusement, son exposition plein Est, permet au soleil de transformer la neige. Elle n’est pas trop dure et nous pouvons monter sans crampons, moyennant la réalisation de belles marches en tapant dans la neige. Certains d’entre nous préfèrerons passer les crampons, sûrement plus raisonnables. Cette neige nous accompagnera jusque sous le Collet Saint-Robert (2832m) que nous atteindrons après 2h30 de marche. La combe est belle, sous le Gélas et la Cime St-Robert (2919m), avec quelques pierriers qui émergent de sous le beau manteau blanc. Nous sommes à présent suffisamment hauts pour apercevoir le Lac Blanc (2665m). Et derrière le Mt Ponset, nous distinguons très nettement la Cime du Diable et le Mt Capelet Supérieur. Nous passons en monde cordée sous le collet : nous enfilons les baudriers et casques, répartissons les dégaines, sangles et mousquetons et finalement, nous nous encordons. Débutant, je serais au milieu de la cordée de 3. Il est 10h30 lorsque nous débouchons au Collet du St-Robert avec vue de 1er choix sur l’Argentera et le Mt Viso, si beau ! C’est donc parti pour la traversée des arêtes du Gélas, en commençant par la partie orientée Ouest-Sud-Ouest.

Arêtes du Gélas

Nous évoluons sur du beau gneiss bien massif parcouru par quelques fractures. Nous essayons de tenir au maximum le fil de l’arête en faisant bien serpenter la corde entre les béquets naturels lorsque les passages sont un peu plus exposés. Glabalement, nous montons vers la Cime du Gélas, mais parfois, l’arête redescend un peu et il faut alors désescalader. La chose devient alors un peu plus aérienne car sous nos pieds, c’est le vide, tantôt du côté italien, tantôt du côté français. Mais parfois, on est debout sur le fil de l’arête, plein gaz de part et d’autre ! Nous sommes bien abrités du vent et le soleil est chaud. Belle course d’arêtes où le placement des pieds est primordial pour bien progresser. Mais parfois, ce sont les mains qui servent à passer un passage un peu plus délicat. Parfois, j’ai mal au cœur : je n’ai pas d’autre choix que de mettre les pieds sur du génépi qui commence à fleurir… Nous faisons une petite pause juste avant d’attaquer le mur terminal. Le panorama côté italien vaut la pause. Même si le Viso est entouré de nuages, l’Argentera reste là, massive. Non loin d’elle, on reconnait la Tête de la Ruine, encore bien couverte de blanc. Juste derrière, la « petite » pyramide du Guilié, qui se prolonge par le Brocan. Entre Argentera et Braus, c’est la Cime de l’Agnel et plus proche, les Caïres de la Cougourde et des Graisses.

Arêtes du Gélas

L’arrivée au sommet, même si ce n’est pas encore la fin de la course, est un grand moment pour nous tous. Le point culminant des Alpes-Maritimes, dégagé de sa neige sommitale. Une belle cime, bien large, plus large que 2 mois auparavant, où l’on peut facilement progresser vers la croix et la Madone sculptée (invisible lors de notre dernier passage). C’est dire si la neige a bien régressée. Le panorama sur la haute Gordolasque et le Lac Long a lui aussi bien changé. La Malédie est redevenue un monolithe rocheux. Seul le Mont Clapier reste encore coiffé localement de blanc. La vue est exceptionnelle d’ici et à la hauteur des efforts consentis jusque-là. Mais il nous faut à présent descendre d’environ 60mD- pour rejoindre le Balcon du Gélas (3085m), terme de la course du jour. Là, c’est une belle descente, toujours sur le fil de l’arête. Un beau passage sur une vire vient durcir le parcours, tout comme une désescalade où les prises des pieds sont masquées. La dernière partie est plus facile. Nous nous félicitons tous pour cette traversée et mangeons avec vue sur le Gélas et son couloir Est encore enneigée (glacé ?). C’est alors que débute une longue descente d’environ 2h15 pour regagner le refuge de Fenestre. La combe Est du Gélas est encore enneigée. Nous en profitons pour l’emprunter. Ce passage en neige durera presque jusqu’aux lacs Cabret où nous devrons alors slalomer entre les éboulis. Mais la neige, rendue molle par le soleil se descend au final assez facilement, moyennant quelques glissades. En quittant le Balcon, les nuages ont commencé à se former au-dessus de nos têtes. Mais ils en resteront là. L’arrivée en surplomb des lacs Balaour est marquée par une éclaircie rendant le lieu magique. Là, nous retrouvons un sentier sur de la terre et pouvons admirer des arnicas et nigritelles par dizaines, parmi de nombreuses joubarbes, campanules et du thym serpolet très odorant. La course touche à sa fin lorsque nous franchissons le torrent Cabret. Nous bouclons la course d’une bonne dizaine de kilomètre en 8h40 après 1230mD+. Tous bien fatigués mais contents de notre journée, ponctuée par cette belle traversée des arêtes du Gélas.

Tag(s) : #Rando Alpes
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