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Trail Cro Magnon 2014 - Part. 2

Samedi 21 juin 2014 – 2h15, je me réveille et l’essentiel des coureurs s’agitent déjà autour du marabout du départ. Il fait complètement noir et le ciel est à peine voilé. Un peu frais. Nous n’avons pas beaucoup dormis, mais je me sens bien, prêt à partir. Chacun dans notre coin, nous préparons nos affaires : les sacs pour Cap d’Ail et Breil, le sac pour la journée. Je fixe mon dossard sur la ceinture et prépare de quoi manger, plus la réserve pour mi-course. Le petit-dej’ est light. Heureusement que j’ai prévu de quoi manger. 3h30 arrive rapidement et l’agitation gagne les quelques 400 coureurs. 10min avant le départ, nous entrons dans le sas et faisons valider notre puce. Et voilà, que la course commence ! Les favoris et gros moteurs sont devant. Nous nous plaçons à peine en retrait, sur le côté droit lorsqu’on démarre après le compte à rebours en italien. On traverse Limone derrière une voiture ouvreuse, lorsque le 1er couac survient : la voiture ne passe pas. Il n’y a pas de balisage, mais par où faut-il se diriger ? Droite, gauche, tout droit ? Finalement, la voiture reprend sa marche en avant et double le petit peloton. On longe le torrent puis la voiture nous lâche avant de traverser la route principale, qui marque aussi le début de l’ascension du Col de Tende. Dès que nous sortons de Limone, j’allume ma frontale qui le restera en tout et pour tout une heure, car sur les coups de 5h, la luminosité permet déjà de se passer de la lampe : nous sommes sortis de la forêt et sommes dans les alpages. D’ailleurs, la fraicheur se fait sentir, avec une petite brise et un sol bien détrempé. La vallée est belle, mais nous ne distinguons pas les sommets qui restent masqués par des nuages.

Trail Cro Magnon 2014 - Part. 2

L’ascension se passe bien, régulière, sans à coup et tant mieux. Plus nous nous rapprochons des crêtes et du col, plus la brume s’accélère : nous sommes dans les nuages bas et il en fait presque frais. Nous passons à proximité du Col de Tende (1890m), mais obliquons rapidement sur un petit sentier pour nous diriger vers Fort Central (1926m) par la piste. Nous traversons ensuite le fort, en ruine, où un premier ravitaillement exclusivement composé de liquide nous attend après 14km de course. Nous contournons le fort pour ensuite le dominer. C’est là qu’on peut enfin observer le panorama depuis ce point de passage historique sur la route du sel. Nous suivons ensuite la large piste menant à Fort Tabourde, taillée à même la roche. Les flancs sont tapissés de rhododendrons et certaines ravines sont encore bien chargées en neige. Il est même probable qu’un chasse-neige soit passé au vu de la quantité à certains endroits. Et derrière nous, quel spectacle ! La Roche de l’Abisse, le col de Tende et le Fort Central qui se détachent bien des nuages qui ne parviennent pas à dépasser le col et reste cantonnés au versant italien. Plus loin au sud, on devine le Bégo et la Pointe Peirefique, sommets de la Vallée des Merveilles. A Fort Tabourde, on bascule pour une longue descente de 1000mD- qui va nous mener à Tende via la GR52A où nous pourrons apprécier le 1er vrai ravito. 3h de course lorsque je m’arrête à l’entrée du village. Bon, petite alerte au début de la descente avec une vive douleur ressentie au genou gauche dès les 1ers appuis de la descente, dans les pentes les plus raides. D’où vient-elle ? J’ai fait très attention à ma descente, sur la retenue 7h vient de sonner au clocher. Le village est encore endormi. Je ne perds pas de temps et repars aussi sec vers La Brigue. On escalade le Col de Boselia (1111m) et on découvre aux côtés des genêts, de superbes lis turban qui poussent seuls dans le pierrier. La descente du vallon homonyme est pierreuse mais elle passe sans ressentir de douleur. Celle-ci est partie comme elle est venue. Tant mieux, je cours à nouveau sans appréhension. La Brigue, puis en passant devant un monastère, nous prenons un petit sentier botanique qui nous mène jusque Notre-Dame-des-Fontaines, où se trouve une chapelle aux fresques magnifiques (parait-il). Là, nous quittons la piste aux 4*4 pour emprunter un sentier qui va nous mener au Colle Ardente. Une longue montée en forêt, avec parfois quelques passages à découvert qui nous fait bien chauffer les jambes et le corps, car la température monte au fil de la journée sous un soleil accablant. 800mD+ d’un coup qu’il faut bien gérer pour ne pas trop puiser. Ne pas monter trop vite, mais d’un pas sûr et décidé. La majorité des coureurs sont italiens, ce qui n’est pas facile pour communiquer pendant la course. Etant donné que je ne parle pas un mot d’italien, où alors de maigres rudiments et que eux ne parlent pour l’essentiel pas français. Parfois, ça fait du bien de parler un peu, pas là.

Trail Cro Magnon 2014 - Part. 2

Au Colle Ardente (1617m), nous sommes à la frontière entre la France et l’Italie : quelques italiens sont présents avec des jerricans d’eau pour un rafraichissement bien venu. Il reste 2km avant d’atteindre le prochain ravitaillement situé au refuge de l’Amitié. Là, nous évoluons côté italien sur une piste sur laquelle des 4*4 passent. Au moins, on sait comment a été approvisionné le ravitaillement. La piste, suspendue au-dessus du vide, serpente en belvédère au-dessus des vallons italiens. C’est un long faux-plat montant et je ne sais pas quel rythme tenir : marcher ou trottiner ? Je marche le plus clair du temps, comment la plupart des trailers devant moi et derrière moi. Beaucoup d’arbres ont été abimés suite aux chutes de neige et ont du être dégagés pour permettre le passage de la course. Ce sont des pins, mais on a aussi quelques mélèzes qui commencent à faire leur apparition. Refuge de l’Amitié : et un marathon dans les jambes avec 3400mD+, déjà une bonne partie derrière nous, mais la route est encore longue. Je suis bien. Je me pose quelques instants pour manger : toujours uniquement de quoi grignoter (gâteaux sec, fruits secs, bananes, chocolat). C’est un peu léger, lorsqu’enfin une dame pose sur la table des petits sandwichs pain/jambon-fromage. Je repars rechargé pour la prochaine étape vers le refuge Muratone, longue de 16.5km à effectuer tantôt côté français, tantôt côté italien. Là, les nuages s’invitent nous masquant la vue sur de belles vallées bien entaillées. Nous n’aurons que de petites lucarnes pour profiter du paysage. Le sentier, ou devrais-je dire la piste, car durant cette étape, nous serons essentiellement sur la piste, ne la quittant que quelques fois pour prendre un sentier très pierreux où une vigilance accrue est de mise pour ne pas se faire mal et terminer l’aventure prématurément. Nous allons passer par plusieurs cols, nous faisant changer de versant assez régulièrement : le col de Marta (non loin de la cime homonyme), le col de la Vallette, le col du Corbeau. Là, nous passons sous le Mont Torrage, une belle montagne aux flancs bien raides. Mais le brouillard ne nous permettra pas d’en prendre pleinement conscience. Nous alternerons les montées et descente et finirons par une portion plus roulante à l’arrivée sur le refuge forestier du Muratone où une citerne marque l’entrée de la zone de ravitaillement. Un bon ravitaillement avant l’étape suivante : une seule petite côte, mais surtout près de 1300mD- pour plonger sur Breil. Il va falloir bien gérer cette descente : ne pas trop attaquer pour ne pas se fusiller les cuisses et ne pas se tordre une cheville. Au vue des terrains ici, il est fort probable que la descente soit assez cassante. Et elle le sera : interminable, malgré une jolie forêt ; de nombreux petits ressauts, cassures dans la pente. Plus nous descendons et plus le soleil réapparait et les derniers kilomètres seront parcourus dans une vraie fournaise. Le seul torrent croisé permettra de se rafraichir pour éviter la surchauffe. Et c’est avec une grande satisfaction que j’entre dans Breil/Roya où les eaux limpides de la Roya me fond plus qu’envie.

Tag(s) : #Rando'Trail
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