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Descentes des Gorges de l'Ardèche

Samedi 7 juin 2014 – le week-end s’annonce caniculaire sur toute la France. Nous aurons chaud et c’est tant mieux, mais nous ne serons pas loin de l’eau. Nous partons en direction de Vallon-Pont d’Arc pour réaliser une descente en 2j des gorges de l’Ardèche, report du week-end de Pentecôte 2013 alors que la pluie noyait tout le territoire, l’Ardèche étant signalé en crue. Nous arrivons rapidement à destination et retirons le précieux sésame qui va nous donner accès au bivouac de Gournier. Les week-ends prolongés à la belle saison sont très prisés et les 2 bivouacs dans les gorges sont complets ce soir. Le secteur étant un parc, il n’y a pas d’autre moyen pour y passer la nuit. Nous nous rendons ensuite chez notre loueur de kayak et récupérons 3 bidons étanche de 50l chacun que nous allons remplir. Entre les 2 tentes, le change et la bouffe, les 3 bidons ne sont pas de trop mais la mission est un succès puisque tout rentre sans forcer. Petit briefing ensuite sur le déroulement du trajet et sur les consignes de sécurité. Direction ensuite les berges de l’Ardèche non loin du Pont de Salavas où nous prenons l’eau sur 2 embarcations : un kayak monoplace et un kayak biplace. Nous aurons au total 32km à réaliser sur les 2j de navigation. Le bivouac de Gournier étant situé au milieu des gorges, la distance est bien répartie sur les 2j avec 16km par journée, soit 4h max à pagayer. Nous nous arrosons un peu avant d’affronter le premier rapide, dit rapide de Charlemagne, histoire de ne pas ressentir de choc thermique en cas d’aspersion intempestive. Puis nous passons sous le fameux Pont d’Arc, une arche naturelle creusée par l’Ardèche au cours du temps dans les formations calcaire. Malgré le monde qui navigue, c’est un endroit très joli. C’est encore mieux de le découvrir depuis les eaux que depuis les belvédères. Là, nous faisons une première petite pause pour nous rafraichir et repartons pour la suite du parcours.

Descentes des Gorges de l'Ardèche

C’est à présent une longue succession de méandre alors que nous entrons dans les gorges : les parois se rapprochent de nous et en deviennent vertigineuses. Nous passons par de petits rapides où l’eau s’accélère juste, mais parfois, ils sont de plus forte intensité, nous obligeant à bien nous employer pour ne pas chavirer ou choisir une mauvaise trajectoire. C’est le cas des rapides des 3 Eaux et de la Dent Noire, juste avant d’arriver au bivouac de Gaud, au 1/3 du parcours total. Il nous reste alors une bonne heure de bateau avant d’atteindre Gournier. Nous flânons tranquillement alors que la densité de personne sur les eaux diminue rapidement, et c’est tant mieux. Nous explorons les accotements de la rivière, ses petites grottes, affleurements rocheux et observons les rapaces qui volent haut dans le ciel. On retrouve un peu de calme une fois Gaud dépassé : soit nous avons dépassé l’essentiel des gens qui ne font qu’une partie des gorges, soit il y a encore pas mal de monde qui est parti bien avant nous. Il nous reste un gros rapide a apprivoiser, celui de Figueras. Petite aspersion pour ne pas subir de choc thermique en cas de chavirage ou si on se fait arroser par un remous. Le rapide est une belle courbe sur la droite, avec un rocher qui émerge sur l’extérieur du virage. Le kayak biplace va dans un premier temps se poser contre ce rocher, de travers. Et avec la force de l’eau, il finit par se coucher sur le flanc droit. Rien n’est perdu heureusement, mais il faut veiller à tenir le kayak et les pagaies. Il faudra attendre de sortir du courant créé par le rapide pour parvenir à retourner le kayak qui pèse quand même près de 50kg. Nous remettrons l’embarcation en ordre de marche sur une zone à gué, après une bonne partie de rigolade. La suite sera un peu plus monotone vers Gournier, avec justes quelques rapides où le cours d’eau se resserre provocant une accélération des eaux. Mais rien d’insurmontable, même en prenant des précautions pour ne pas risquer un nouveau chavirage dans le groupe. Le soleil décline doucement, plongeant progressivement le fond des gorges dans l’ombre. Que nous étions bien au soleil. Du coup, on pagaie un peu plus énergiquement pour se réchauffer ou retrouver une portion exposé aux rayons du soleil. Il reste un petit rapide à affronter avant l’étape à Gournier : les rapides du Gué de Guitard : facilement effacé. Nous accostons donc sur la plage de Gournier en rive gauche. D’abord des galets puis du sable. Nous remontons un peu les embarcations pour leur éviter d’être happées par une montée brusque de l’eau durant la nuit et nous nous chargeons de nos bidons étanches pour monter à l’aire de bivouac, 200m en contre-haut de la plage, bien en retrait d’une possible montée des eaux. Il y a déjà des personnes qui en ont terminés avec la 1ère journée, mais beaucoup de place libre. Heureusement d’ailleurs, car à première vue, la zone dégagée, bordée d’arbres présente de nombreuses portions en pente. Pas l’idéal pour poser des tentes. Mais nous trouvons une zone sableuse à l’extrémité gauche du bivouac qui permettra de monter les 2 tentes à plat. Nous nous installons sous les derniers rayons du soleil qui flirte désormais avec les falaises. Puis c’est l’heure de la douche, froide avec une file d’attente qui grandit au gré des minutes. Le bivouac est bien rempli à la tombée de la nuit et grouille de monde qui s’active de part et d’autre de la zone. Nous mangeons ensuite et partons explorer un peu le reste du bivouac. En fait, il est très grand, avec encore pas mal de place sur la droite. Nous sortons ensuite sur quelques centaines de mètres de l’aire consacrée au bivouac et c’est là que nous rencontrons un petit sanglier qui grouine 3 fois avant de détaler avec une vitesse incroyable. Nous rentrons avant la nuit et nous couchons dans un brouhaha lointain qui cessera rapidement.

Descentes des Gorges de l'Ardèche

Dimanche 8 juin 2014 – réveillés par le soleil après une petite nuit, nous faisons sécher l’humidité des tentes avec les premiers rayons du soleil qui passe au-dessus des rochers et remballons les affaires dans les bidons. Nous reprenons l’eau à 8h30 pour environ 4h de pagaie. L’eau est un peu fraiche encore, mais pas le choix que de se mouiller car à peine décollés que nous allons devoir affronter le premier rapide, celui de la Toupine de Gournier. Pas de temps de chauffe. Direct dans le bain. Heureusement, on s’est bien fait la main la veille et on le passe sans rencontrer de difficulté. Nous sommes quasi seuls sur les eaux, ce qui contraste avec le départ de la veille et on profite pleinement de ce calme pour se laisser porter par le courant et ainsi observer les nombreux poissons dans l’eau claire et tous les oiseaux (rapace compris) qui se réveillent dans la forêt avec de nombreux cris. Une fois. Nous repartons pour une longue série de méandre plus ou moins calme, mais cette journée s’annonce plus monotone que la veille. Nous nous rapprochons et dépassons la Cathédrale, ce beau promontoire rocheux, citadelle sur les gorges de l’Ardèche puis dépassons le camping nudiste des Templiers. C’est après cette zone que nous décidons d’accoster sur une plage de calcaire pour nous reposer un peu et ainsi éviter d’arriver trop tôt à St-Martin d’Ardèche. Agréable pause alors que quelques kayaks nous dépassent.

Descentes des Gorges de l'Ardèche

C’est dans les rapides de la Fève, l’une des dernières difficultés du jour que survient le nouveau drame, avec le kayak biplace qui chavire à nouveau, piégé par un remous malicieux. Plus de peur que de mal, mais comme le rapide dure un peu, nous n’arrivons pas à le redresser et à faire réembarquer les propriétaires qui sont quitte pour un bain prolongé. Heureusement que l’eau est bonne et que le soleil tape. 2-0 pour le biplace. Balle au centre. Mais il n’y aura plus de zone délicate à franchir. Nous dépassons quelques sources qui viennent sortir des parois. Puis progressivement, la taille des falaises diminue, le cours d’eau commence à s’élargir. La fin est proche. Nous passons dans une zone appelée le canal de Sauze après un dernier gros méandre. Les abords du canal sont constitués de petits renfoncements entrant dans les berges. Nous les explorons et c’est là que j’aperçois au fond de l’eau un tout petit serpent qui fuit bien vite à l’approche de nos pagaie. Là, plus de difficulté jusqu’à une grande berge aménagée en rive gauche où nous déposons les kayaks, mangeons et allons nous baigner en attendant le rapatriement vers Vallon-Pont d’Arc prévu à 14h. Le soleil est bien chaud à cette heure de la journée et les eaux fraiches nous aident à tenir une bonne température. Nous nous amusons un peu dans le courant en nous laissons porter par le courant au centre de la rivière et finalement, nous allons nous poser à l’ombre avant de rentrer vers Vallon Pont d’Arc en 45min de bus. La descente des gorges de l’Ardèche est une activité tranquille, permettant de découvrir des berges bien préservées, même si on regrette un peu le monde présent sur le parcours, tant elles sont renommées. Mais c’est à faire.

Tag(s) : #Rando
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