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Les allumés de la pleine lune 2014

Samedi 17 mai 2014 – les allumés de la pleine lune, c’est d’abord une randonnée familiale, en boucle autour de la Siagne qui rassemble cette année 1800 « allumés » au départ à 22h du petit village de Saint-Cézaire-sur-Siagne. Mais c’est surtout l’occasion pour moi de m’entrainer un peu de nuit. Rares sont les occasions, hors pendant une compétition de courir de nuit. C’est pourquoi je me suis lancé ce petit défit en mars dernier en envoyant mon engagement pour participer à cette randonnée nocturne, version trail pour moi. Rien d’effrayant sur le papier. Malgré 53km au compteur, le dénivelé reste raisonnable avec 1334m. Mais nous le savons très bien, en trail, ne jamais vendre la peau de l’ours… Tout peut arriver si vite, surtout que l’intégralité du trail va se dérouler de nuit sous une pleine lune décroissante. 21h au village, c’est l’euphorie : déguisements en pagaie et surtout 1800 personnes réunies autour du stade de St-Cézaire. Ça commence à faire du monde. C’est ma première participation : je ne sais pas trop où me positionner en vue du départ. Les consignes d’avant course, on oublie, trop de monde, trop de bruit parasite. Je me noie dans la masse. On verra. Le départ est donné et ça bouchonne sévère devant moi. Je laisse faire et attends de retrouver rapidement une brève portion de route pour dépasser les randonneurs La 1ère étape va nous mener après 11.4km à St-Vallier-de-Thiey. Je double, je double sur les larges pistes forestières, randonneurs (ayant volés le départ ?!) passant par les bois d’Amon et le Col de Cabris. Puis enfin une portion sur un single et des dalles calcaires bien apparentes. Ça permet de relancer un peu et de couper la monotonie qui s’installe. Même si le profil de cette étape est en montée, c’est très roulant.

Les allumés de la pleine lune 2014

Puis on aperçoit enfin les premières lueurs de St-Vallier que je rejoins en 1h05. Là, on retourne direct à St-Cézaire : 100% descente sur cette 2ème étape, et descente rapide sur une large piste, puisque en à peine 2h de course, je suis de retour sur la ligne de départ en ayant parcouru 21.2km, mais le plus dur reste à venir avec une descente sinueuse et technique sur la Siagne que l’on franchit sur un superbe pont, non sans admirer les gorges qui se profile. C’est très agréable. Depuis la sortie de St-Vallier, je n’ai doublé personne et personne ne m’a dépassé. Je suis seul au monde sur le parcours, uniquement avec ma frontale qui éclaire mes pas et le bruit de la faune locale. Il fait doux et c’est un régal. Après avoir franchi la Siagne, on attaque le plus longue montée du parcours, celle qui va nous mener à Mons après 600mD+. Uniquement un petit single, excepté la fin de la montée en arrivant à proximité du village. Je prends plaisir à monter le plus possible en courant surtout quand la pente n’est pas trop forte. Je dépasse 2 personnes et au niveau du quartier St-Jean, petit poste de ravitaillement. Il est le bienvenu car la pente est rude. On m’annonce que je suis 8ème ! Quelle surprise. Je repars et commence à accuser un peu le coup. Un jeune concurrent me rattrape. N’ayant qu’une petite frontale, il restera très longtemps avec moi, profitant de mon spot. Un peu stressant de ne pas profiter de la solitude offerte par la nuit et de ne pas être libre de prendre sa trace. D’autant qu’il est plus frais que moi et n’hésite pas à rester à mes côtés. Ensemble, nous loupons l’aller/retour dans le centre de Mons et son ravitaillement.

Les allumés de la pleine lune 2014

Nous plongeons donc dans la descente très cassée vers St-Cézaire. Je marque un peu le coup et m’alimente bien, en espérant qu’il ne s’agit que d’une passade, brève. Et ça revient un peu. Je cours à mon rythme, doucement, mais surement en avalant les monta cala avant un petit ravitaillement à Jas Neuf. Lui aussi fera du bien. Mais j’ai retrouvé mes jambes et cavale bien dans les portions descendantes. On commence à entendre à nouveau un torrent : c’est la Signole que l’on traverse sur la route. Là, le parcours, depuis Mons est moins intéressant : longues portions bitumées, larges pistes en pierre et c’est plus un calvaire qu’autre chose. Mais je suis content de retrouver un petit single dans la forêt, qui serpente entre les chênes. Puis c’est la dernière descente très rapide qui va nous faire traverser une seconde fois la Siagne. Un pur moment de bonheur : un petit sentier étroit et tortueux parsemé de pierres, de racines et de branches. J’accélère bien et distance mon partenaire de circonstance, dont le souffle sur ma nuque devenait pesant. Je suis rejoint par un autre concurrent que je sèmerais sur la remontée finale à St-Cézaire. Celle-ci est interminable. On aperçoit le village mais jamais on ne semble y entrer. Quand on y parvient, on plonge sur le stade et on arrive au point de départ pour terminer cette belle aventure à une fort belle 7ème place et 6h10 d’effort. Content de cette expérience. Gérer une course de nuit, ce n’est pas la même qu’un trail de jour. On a tendance à moins s’alimenter et à plus se focaliser sur le sentier devant nos pas, pour ne pas commettre d’erreur, un d’aiguillage, deux technique. Après un départ tonitruant, j’aurais largement marqué le pas sur la 2ème partie de la course, je pense du à une alimentation défaillante et un rythme très soutenue sur les 2 premières heures. Car je ne suis pas habitué à courir si vite si longtemps. Pour preuve, quelques petites douleurs aux bras et aux cervicales. Mais un super souvenir et qu’il faut quand même être bien allumé pour partir à 22h pour 53km dans les bois…

Tag(s) : #Rando'Trail
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