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Cime du Gélas (3143m)

Samedi 10 mai 2014 – Le jour est à peine levé sur la Madone de Fenestre, les nuages sont rose à l’horizon sur le Gélas et la Cime St-Robert et nous nous élançons en direction du toit des Alpes-Maritimes : le Gélas (3143m) à 6h30. Seuls quelques skieurs nous ont devancés aujourd’hui, mais à peine partis, en nous retournant, nous pouvons nous rendre compte que nous ne serons pas les seuls à prendre la direction de ce haut-lieu du département. C’est foule des grands jours. L’itinéraire que nous allons suivre est la voie classique. Le sentier, partiellement enneigé, traverse le torrent des différents petits affluents descendant des lacs de Fenestre, Balaour, Blanc et Cabret. Nous dépassons la Vacherie de Salèse et suivant de plus ou moins près le GR52, selon l’enneigement : nous n’avons pas encore mis les raquettes aux pieds et cherchons à ne pas trop poser les pieds sur la neige. Puis, au niveau des Gias Cabret, là où le GR oblique en direction de l’Est, nous décidons de mettre les raquettes car la neige est partout présente autour de nous. Nous laissons au sud les Caïres de la Madone, prolongement des arrêtes du Ponset. Les petits mélèzes qui se répartissent autour, sont encore dans leur état végétatif. Les premiers signes du printemps ne sont pas à chercher sur les mélèzes mais uniquement aux crocus présents partout dès que la pelouse retrouve les rayons du soleil. Nous remontons ensuite le long du torrent du Cabret, fermé par de belles barres rocheuses. Le vallon est encore très chargé en neige et le torrent est à peine visible. A l’inverse, l’eau ruisselle sur les petites falaises rocheuses fermant le cirque des Lacs Balaour. Arrivés au pied des falaises, nous obliquons vers le nord-ouest pour sortir de cet enclos : 1er coup de cul à avaler, mais notre trio avance groupé et à bon rythme. Là, vue sur les Lacs Balaour et la Cime Saint-Robert (2919m). Au sud, on devine le Caïre Gros et ses 2000m, dépourvu de neige. Nous devinons aussi le col frontalier de Fenestre et la masse imposante de la Cime de l’Agnellière.

Cime du Gélas (3143m)

La neige porte bien, assez dure, encore et il ne fait pas trop chaud alors que nous dépassons le Lac Cabret, sous la cime homonyme. Là, petite pause, car nous prenons conscience de ce qu’il nous reste à parcourir, notamment 2 beaux ressauts assez raides, très proches. Nous taillons directement dans la pente, mais sur un léger replat et alors que nous allons devoir effacer un dévers, nous décidons de passer en mode crampons, la neige étant toujours très dure et ne garantissant pas suffisamment de sécurité en raquettes. Si l’on se retourne, on devine le Mont Lapassé et la Cime de la Valette de Prals, ainsi que tout le parcours en crêtes que nous avons suivi 6j plus tôt. La suite de la montée se déroule toujours dans un large couloir que nous attaquons bien droit, quand, enfin, après un dernier ressaut, on arrive en bordure d’une dépression et que se profile en face de nous un promontoire qui n’est autre que le Balcon du Gélas (3085m). C’est donc que la Cime du Gélas est sur notre gauche… On lève la tête et effectivement, nous découvrons un sommet qui semble plus haut que les autres alentours. Ce sommet est composé de 2 cimes, séparées par un couloir raide au pied duquel quelques skieurs s’activent : il s’agit du couloir Est. Nous y sommes après 3 bonnes heures d’ascension. La neige est encore dure, un skieur amorce la descente depuis le haut du couloir. On distingue des marches permettant de gravir ce couloir.

Cime du Gélas (3143m)

Nous décidons donc de nous équiper tranquillement, pour que la neige transforme encore un peu, car le soleil commence à se dévoiler. La corde sort du sac, on enfile nos baudriers et casques ; et le piolet fermement dans la main, nous débutons l’ascension du couloir Est du Gélas. Nous progressons assez lentement le temps de prendre nos marques encodés, mais bien vite, c’est la pente qui nous contraint à tenir une allure réduite. Plus nous montons et plus nous nous approchons de la fin du couloir, plus la pente devient importante, jusqu’à être presque verticale à la sortie du couloir où une petite corniche nous attend. Là, nous montons main droite vers la cime principale. Des pierres chutent, lâchées par des personnes non attentives et précautionneuses. En faisant bien attention, nous arrivons au sommet après avoir effacés ce passage délicat demandant de s’aider des mains dans les rochers et de mettre les crampons sur ces mêmes pierres. 3143m ! Nous y sommes arrivés. L’émotion et la joie est vive de partager ce moment là-haut, depuis le toit du département, la Cime du Gélas. L’arrête sommitale, large d’à peine 1m s’étire sur une vingtaine de mètres au nord, vers la croix, objet de toutes nos attentes. Nous profitons de longues minutes de ces instants à admirer la vue à 360° sur les sommets proches mais aussi lointains avec les Monts Rose et le Viso que l’on aperçoit au-delà de la plaine du Pô. Plus proche, on reconnait la masse de l’Argentera, de la Ruine, Guilié, le secteur du Lac Nègre, l’Agnel. A l’Est, c’est la Malédie, le Clapier, la Tête du Lac, Chamineye, Diable, Capelet, Abisse, Peirefique et Bégo.

Cime du Gélas (3143m)

Nous effectuons une descente très prudente du couloir, de face, alors que la neige a transformé de manière impressionnante. Il nous est à présent possible de tailler des marches. Une fois au pied du couloir, nous montons aux Balcons afin de manger un morceau avant de prendre le chemin qui va nous ramener à la Madone. De là, on distingue parfaitement bien les 2 cimes, le couloir et le cheminement en crête qui permet de rejoindre le sommet depuis les balcons. Mais aujourd’hui la neige est très bien cornichée. Impressionnant, tout comme la vue sur le Lac Long, au pied de la Malédie. La neige s’est craquelée en bordure du lac, laissant deviner son emprise malgré une importante épaisseur de neige. Après cette petite pause, nous redescendons. Il est 14h. 1h40 seront nécessaire pour rejoindre le véhicule. Au programme, le même cheminement qu’à l’aller, mais de belles parties de glissade dans les parties les plus raides om la neige est devenue une vraie soupe. Nous apercevrons quelques chamois et marmottes durant notre descente rapide. Quelle vue sur le vallon de Fenestre et l’Agnellière, ainsi que sur les crêtes de Férisson. Belle et bonne journée avec en point d’orgue l’ascension du Gélas par le couloir Est : 10.5km et 1350mD+ pour clôturer la saison raquette.

Tag(s) : #Rando Alpes, #Rando Raquettes
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