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Tour du Brec de Chambeyron

Dimanche 20 avril 2014 – Départ de la chaleur du gîte à 7h10 sous un ciel bleu, mais loin des rayons du soleil qui ne sont pas encore passé au-dessus des 3000 du secteur. On remonte le hameau et on laisse l’église qui sonne le retour des cloches sur notre passage. Nous partons pour réaliser le Tour du Brec de Chambeyron via les cols de la Gypière et de Stroppia. Une boucle de près de 19km qui compte 1500mD+ selon le topo de randonnée. Pour le moment, les raquettes sont toujours accrochées au sac qui s’en trouve bien chargé pour cette longue course. Nous nous élevons en suivant le GR5 en contre-haut du torrent de Fouillouse que résonne sous nos pas, plus bas.

Tour du Brec de Chambeyron

Nous arrivons ensuite au niveau des ruines du Fort de Plate Lombarde alors que les premiers rayons du soleil viennent faire briller les pointes du Rocher de St-Ours alors que le hameau de Fouillouse rapetisse au fur et à mesure de notre éloignement. Le sentier est globalement herbeux et nous devons slalomer entre les touffes d’herbe, les trous de marmottes, les ruisseaux et névés. La pente se redresse à l’amorce du Vallon des Aoupets. Nous allons gagner près de 500mD+ sur une très courte distance et verrons même apparaitre derrière le Col du Vallonnet, la belle pyramide de la Meyna. Sous les barres du Replat des Génisses, nous verrons même une famille de chamois, composée d’une bonne douzaine de membres, bébés compris. Certains membres du groupe seront chargé de nous jauger du coin de l’œil mais ne prendrons pas la fuite à notre approche. Nous devons maintenant jongler entre les névés et les blocs pour se frayer un chemin et déboucher sur un premier replat salvateur au niveau d’une vieille cabane de berger alors que se dresse devant nous le Brec de Chmabeyron, énorme masse de rocher qu’il va falloir contourner pour boucler la boucle. Plus nous montons vers le Pas de la Couletta (2774m) plus les sommets lointains sont visibles vers l’Ouest comme les Tours du Trou de l’Ane ou la Cime de Pal. Nous traversons ainsi une zone remodelée par le travail des glaciers présents lors de la dernière période glaciaire. Ainsi, des stries marquent les roches polies alentours et d’énormes blocs semblent poser de-ci de-là, sans ordre apparent. La partie avant le Pas de la Couletta est un peu glacée et il faut veiller à être vigilent sur cette neige glacée qui a reçu une petite couche supplémentaire lors de la nuit précédente. Pour la suite du parcours, nous allons chausser les crampons pour plus de sécurité, au vue de l’état de la neige à ces altitudes alpines. La pause au Pas de la Couletta permet d’observer les montagnes alentours, notamment les Aiguilles de Chambeyron barrant l’horizon au nord. Le refuge de Chambeyron, au-dessus du Lac Premier semble être d’un autre âge.

Tour du Brec de Chambeyron

La suite du parcours va nous faire passer sous le Brec de Chambeyron et ses falaises qui semblent se déliter au vue des fractures dans la roche. Nous allons longer à flanc la Corniche Jean Coste, sans trop descendre dans le vallon, ce qui permettra d’éviter de trop remonter pour arriver au Col de la Gipière. Nous sommes en dévers le plus total et progressons dans un pierrier irrégulièrement enneigé, mais les vues offertes sur le vallon en contrebas et sur les Aiguilles de Chambeyron ainsi que sur la pyramide du Brec de l’Homme sont assez plaisantes et pas lassantes du tout. C’est une superbe traversée qui se ponctue à merveille lorsque l’on arrive au-dessus du Lac des 9 Couleurs. Tout de blanc vêtu, où sont passées ses couleurs variées et son bleu turquoise ? On le reverra à une autre saison… Rapidement, après 3 lacets, nous sommes rendus au Col de la Gypière (2942m) : une large ouverture sur l’Italie au Sud.

Tour du Brec de Chambeyron

Un beau vallon dans lequel nous allons nous lancer pour aller chercher le Col de Stroppia. Mais savourons d’abord ce moment à ce col qui frise les 3000m. Notre plus haut point atteint en raquettes ! La Tête de la Fréma, qui les dépasse nous tend les bras, mais la route est encore longue, d’autant que la météo tant à changer avec l’apparition des premiers nuages venant d’Italie. Il ne faut pas perdre de temps, c’est pourquoi nous nous lançons assez vite (et pour ne pas se refroidir) dans le Vallon de Stoppia duquel nous apercevons un abri : le refuge de Barenghi, un abri de taule. Le relief, du fait de la présence de neige est totalement nivelé. Face à nous, plein sud, on reconnait Rocca Blanca et la Tête de Sautron, un peu plus lointaine. Mais à peine nous nous retournons que les Aiguilles de Chambeyron ont été happées par de gros nuages bien menaçants qui nous épargnent encore temporairement. Bel traversé sous le Brec duquel de petits couloirs d’avalanche descendent. Après 400m de descente, nous amorçons la remontée vers le Cole di Nubiera, qui est le nom italien du Col de Stroppia (2865m). Belle montée par paliers, même si nous nous retronvons, ainsi que tous les sommets environnants, entourés de brume. Mais par chance, nous sommes déjà au col où le vent vient s’enfouffrer. Nous nous regroupons et plongeons s’abriter un peu plus bas dans la pente. Les premiers mètres sous le col sont gelé et il faut être vigilent pour franchir ce nouvel obstacle. La suite n’est qu’une promenade de santé sous des averses de neige qui ne dure que peu de temps. Nous passons au-dessus du Lac du Vallonnet et contournons la Tête de Plate Lombarde sous laquelle un trou de marmotte s’ouvre dans une épaisseur neige : reglée pour sortir, par l’appel du ventre, même si la neige est toujours là. Nous prenons ensuite la direction de la rive gauche du torrent arrosant Fouillouse où la neige est nettement plus présente que le sentier suivi le matin. En haut du Vallon des Aoupets, nous ne distinguons même plus le Brec de Chambeyron. Nous passons à côté d’un rocher éclaté après s’être détaché de la montagne (roche fendue) et arrivons directement à l’Eglise de Fouillouse, les raquettes aux pieds. Une superbe journée, bien longue mais avec moins de D+ qu’annoncé car nous sommes restés bien haut sous les falaises entre Couletta et Gypière. Contents aussi d’arriver au refuge pour manger un morceau, se reposer pour une nouvelle journée de marche. Car ce que nous ne savons pas c’est que le temps ira à la dégradation. Nous avions prévu de monter le Vallon de l’Orenaye mais une fois sous le col de Larche, le temps est vraiment exécrable : neige et vent. Il n’est pas prudent de se lancer dans une course dans ces conditions. Un peu déçus nous prenons la direction du retour d’un week-end qui nous donne envie de revenir à la belle saison pour fouler à nouveau ses sentiers dans ce secteur très sauvage.

Tag(s) : #Rando Alpes, #Rando Raquettes
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