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Trail des Hospitaliers 2013

Dimanche 3 novembre 2013 – Levé sur les coups de 3h20. Il pleut : chouette. Rapide douche, puis petit dej avant de quitter Millau sous la pluie. Il n’y a pas âme qui vive en ce dimanche matin pluvieux sur la route longeant la Dourbie. Arrivé à Nant vers 4h15, soit environ 45min avant le départ de la course à 5h00. IL y a encore peu de monde et miracle, la pluie a cessée. C’est tant mieux. Je finis de me préparer dans la voiture : les manchons de compressions aux jambes, les mitaines, les manchons aux bras. Je vise la frontale sur le front en sortant de la voiture. Il fait 12°C. T-shirt, manchons et veste courte suffiront car il ne fait pas trop froid et il ne pleut plus. J’espère que ça va tenir la journée et qu’il n’y aura pas trop de vent. Je rejoins l’air de départ Place du Claux où les coureurs commencent à affluer. Nous serons 487 à nous élancer sur ce tracé de 75km autour de Nant via Sauclières, Dourbie, Trèves et Cantobre. Quelques foulées histoire de voir si les jambes répondent : ça semble être le cas. C’est toujours extrêmement difficile de jauger la forme du jour, comme ça au départ. Surtout là, 2 mois après la CCC®, avec une sortie longue et essentiellement de la rando en entrainement… Je suis dans le doute. 4h45, nous entrons sur l’aire de départ. 4h55, la pluie tombe à nouveau alors que nous écoutons les dernières consignes des organisateurs. 5h00 : c’est parti ! Coup de fusil libérateur.

Trail des Hospitaliers 2013

On s’élance. Et devant, un paquet d’une trentaine de gars part rapidement. Je laisse faire, ce n’est pas ma course. Après 2km de route environ vers Sauclières, on quitte la RD999 pour emprunter toute une série de larges pistes agricoles jusqu’au village de Sauclières où nous attend un 1er point d’eau. Il fait encore nuit, mais nous avons déjà traversé une belle variété de sentiers : aux pistes agricoles se sont succédées une enfilade de single entre les rangés d’arbres ayant déjà intégralement perdus leur feuilles. En filant direct sur St-Jean-de-Bruel, tronçon globalement en descente, le jour commence à se lever, sur un large sentier. A St-Jean, on subit le 1er contrôle dossard : 2h25 pour parcourir 22km. Ce premier tronçon a été couru à un rythme soutenu Là, on va attaquer un gros morceau avec globalement 14km de montée pour atteindre le Saint-Guiral. La pluie a cessé depuis longtemps, mais le ciel reste bien chargé alors que l’on file tout droit vers le toit de la course à 1366m. On quitte rapidement ces larges pistes bien monotones pour enfin se retrouver sur des petits sentiers plus intéressants techniquement. Des sentiers traversant la forêt, on monte à présent sur des collines qui donnent de très jolies vues sur le secteur. On s’élève assez vite pour atteindre La Croix-des-Prisonniers où des bénévoles nous proposent de l’eau avant de finir de gros morceau.

Trail des Hospitaliers 2013

Là, on se retrouve vite en crête alternant les passages en montée et ceux en descente, avec au nord les contreforts des gorges de la Dourbie et au sud les Cévènnes. Malgré la grisaille du temps, le paysage est assez splendide : des monts plus ou moins dégarnis, couvert tantôt de genêts, de bruyères ou des arbres. Par endroit, on devine des traces d’incendie. A un petit col, la Croix de Guérite, on change de lithologie. Au calcaire succède du granite à macro cristaux de feldspaths d'au moins 5cm. Sous le sommet, on se sent totalement dépaysé : une légère trace monte droit dans la forêt. La pluie s’étant remise à tomber, le brouillard se mêlant à la partie, cette forêt me fait penser à la Bretagne ou en tout cas à un pays celte : un cheminement de pierres borde le sentier que l’on devine à peine derrière cette brume. Le roc sommital est d’ailleurs bien encerclé par ce brouillard.

Trail des Hospitaliers 2013

Là, nous débutons une longue descente via le GR71 vers le village de Dourbies. La descente est technique à souhait avec une main courante là où le risque de glissade est important. Je file et saute comme un cabri entre les racines et petites pierres toutes deux dissimulées par un beau tapis de feuilles fraichement tombées. Nous traversons la Dourbie et remontons dans le centre du village pour se restaurer ici à Dourbies, premier ravitaillement complet de la journée après près de 5h40 de course (44km). Déjà une bonne partie de couverte, mais le plus dur reste à faire, comme souvent. C’est le seul ravitaillement où il y aura un peu de monde. La suite commence par une longue portion plate sous les maronniers en surplomb de la Dourbie via quelques petites fermes. Puis il faut gravir la Serre du Cade avant d’avoir un superbe point de vue sur le village de Trèves, nichée au fond de la vallée du Trêvezel. La descente est assez plaisante une fois de plus : technique, dans laquelle il faut être vigilent. Avant le ravitaillement de Trêves, nous longeons le cours d’eau (7h de course). Après Trêves débute certainement la portion la plus difficile du trail : une succession de courtes montées et descentes en contre-haut du Trêvezel. Très usant pour les articulations : en effet, nous évoluons en permanence en dévers. On monte, on descend, puis ça recommence. Puis à Saint-Sulpice, on amorce la montée sur le Causse Noir : près de 400mD+ en très peu de temps. Là encore, c’est assez compliqué à gérer, même si on monte directement dans la pente. La fatigue commence à venir et il faut encore garder de la force pour les descentes et la montée finale vers le Roc Nantais. C’est à ce moment qu’on aperçoit plein ouest le village perché de Cantobre. Qu’il parait loin. Mes collègues de chemin prennent un petit coup au moral et explose bien vite après ce point de vue. Je poursuis l’ascension avec un mosellan qui prendra les devants une fois en crête du Causse Noir où se succèdent des portions en légère descente ponctuées de petites montées. Le paysage est superbe, d’autant que le soleil brille à présent. De retour sur des terrains calcaires avec une végétation associée : des plantes rases aromatiques, genêts et petits arbustes, avec un panorama qui porte assez loin sur les autres plateaux alentours. Là, je verrais des vautours : au moins une dizaine d’unité, voler en groupe. Avant de plonger sur Cantobre, on devine le Roc Nantais : Nant est juste derrière… On se rapproche. La descente menant aux abords du Trêvezel est assez traumatisante : très rocailleuse et direct dans la pente, mais je vais bien. En bas, on remonte directement au village de Cantobre qui est perché derrière des jolies formes troglodytiques.

Trail des Hospitaliers 2013

Ravitaillement sympathique dans ce joli petit village médiéval : des crêpes nous attendent, mais sans les jolies filles promises… Rapide descente puis on attaque la montée finale du Roc Nantais. Elle se passe bien, facilement même, bien large sur une sente au milieu de la forêt de Vellas. La fin de la montée, enfin, au niveau d’une chapelle. Là, on amorce la descente, d’abord légèrement, puis plus franchement, lorsque nous arrivons en crête du Roc : au pied de la falaise, c’est Nant. On entend déjà le speaker ! Je fais une descente rapide et reprend quelques coureurs. Avant de franchir la ligne, on escalade le Pont de la Prade et c’est le parc de la Claux. Un petit tour et puis c’est la libération ! La ligne est franchie en moins de 11h (10h50). Je suis aux anges. Je finis de belle manière ce trail des Hospitaliers. Je me suis régalé dans cette région que j’apprécie vraiment : l’Aveyron, les Causses sont vraiment jolis ! Des paysages rustiques, préservés à l’habitat parcellaire. C’est toujours un régal de courir dans ce secteur, que ce soit aux Templiers ou sur les Hospitaliers que je découvrais. J’avais un peu peur au départ : peur du manque d’entrainement en cette fin d’année après le Mont-Blanc, et peur du dénivelé et de la distance. Le parcours proposé me semblait plus difficile que les Templiers. Et il l’a été. Même si la première partie est très roulante sur de larges pistes, la seconde partie est plus technique avec de nombreux single. C’est juste dommage que le soleil n’est pas été présent du début à la fin. Le départ aux frontales est toujours un moment plaisant : voir cette procession de lampes dans la nuit noire puis se retrouver esseulé au milieu de nulle part à enchainer les virages entre les arbres. On a pu découvrir une grande diversité de paysage durant cette journée. Je suis bien content de cette journée et apprécie d’être finisher d’un autre ultra cette année. Adrien Séguret survolera la course, loin devant (1h d’avance) sur le second. C’est se seconde victoire après 2011 en seulement 4 éditions des Hospitaliers. Une tonne remerciements aux bénévoles toujours chaleureux lors des ravitaillements ou lorsqu’ils sont situés aux intersections, battues par le vent. Et bravo aux 421 finishers de cette belle épreuve.

Tag(s) : #Rando'Trail
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