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Mt. Pelat (3050m)

Vendredi 11 octobre 2013 – Le jour n’est pas encore levé à Nice en ce vendredi que nous partons déjà (7h) pour un week-end randonnée dans le Haut-Var. Le week-end doit être globalement ensoleillé mais le froid est annoncé sur les Alpes. Il en faut plus pour nous faire renoncer. Ce vendredi doit être la journée la plus ensoleillée, celle où les nuages seront absents le plus longtemps. Samedi doit être plus mitigé et dimanche très incertain. C’est pourquoi nous avons prévu de débuter par le gros morceau : l’ascension du Mont Pelat (3050m), l’un des 6 sommets dépassant les 3000m dans les Alpes-Maritimes et sommet emblématique de la haute vallée du Var. De Nice, nous remontons toute la RD202, jusqu’au Col de la Cayolle (2326m), pour dépasser les sources du Var à Estenc. Nous arrivons au col vers 9h15 sous un soleil radieux, sans aucun nuage dans le ciel bleu azur. Il a un peu neigé la nuit passée et les sommets tout autour de nous sont un peu blanchis. Il fait aussi très froid et le sol du parking est givré. Nous partons plein Ouest pour l’ascension du Col de la Petite Cayolle (2639m). Le sentier s’élève assez tranquillement entre les sommets des Garrets et du Trou de l’Aigle. Un fin saupoudrage de neige froide rend le paysage de ce début de matinée polaire. Le froid est mordant et malgré la montée, il est difficile de se découvrir un peu. Le fin manteau neigeux nous permet d’observer des traces de marmottes, de lièvres et surtout des empreintes de loups. Ces derniers se sont fait surprendre par la neige à cette époque précoce de l’année. Ils ne sont pas encore descendus en vallée. C’est la première fois que nous avons cette chance ! Les chardons violets ressortent bien sur ce fond blanc. Nous dépassons un premier petit lac juste après un petit torrent. Il est en partie recouvert d’une pellicule de glace encore fragile. Nous le dépassons en surplomb et attaquons la dernière partie de l’ascension, la plus dure : le versant nord-est ne reçoit que peu le soleil et il y fait frais et la neige est encore un peu plus présente, soufflée qu’elle a été. Au col, nous pouvons admirer le Lac de la Petite Cayolle, une cinquantaine de mètres sous le col. Il est encore partiellement à l’ombre, alors que le vent fait son apparition. Nous rejoignons ce lac aux eaux limpides et amorçons une belle descente en lacets avec de superbes panoramas sur le vallon descendant du Lac d’Allos.

Mt. Pelat (3050m)

Les Tours du Lac d’Allos sont splendides sous cet angle : ce sont les sommets qui encerclent le cirque d’Allos. Plus bas, le vallon est très riche en mélèzes, encore verdoyant, ce qui contraste avec la pelouse dorée par le soleil du sud. Après quelques petits torrents, nous ne manquons pas la bifurcation menant au Mont Pelat à 2384m. Là, une nouvelle montée va nous conduire directement au sommet. Il faut d’abord dépasser les Barres du Pelat, endroit depuis lequel on a enfin une vue sur le lac d’Allos, plus grand lac d’Europe à cette altitude. Autre attrait du jour, les chamois que l’on aperçoit très souvent dans les pierriers d’éboulis, mais surtout des hordes de marmottes. Nous avons la chance d’observer sur les pelouses plusieurs petits groupes de marmottes, très occupées à manger : le froid soudain va les contraindre à bientôt débuter leur hibernation. Le sentier s’élève d’abord dans la prairie puis celle-ci s’efface au profit de la roche. Le sentier va bientôt serpenter à flanc de montagne dans des éboulis plus ou moins gros. Puis nous arrivons dans la Combe du Pelat, depuis laquelle nous pouvons deviner le reste du chemin avant le sommet. Le paysage minéral est grandiose. La neige a déjà fondue sur le Pelat. Seuls les versants nord sont encore recouverts d’une fine pellicule. Nous débouchons ensuite en crête, battue par le vent et pouvons admirer le versant opposé : le Mont Viso, cette belle pyramide italienne semble si proche ; les Ecrins sont recouvert d’une belle couleur blanche. Les derniers mètres nous séparant du sommet sont les plus raides, avec de courts lacets taillés à même la roche. Finalement, nous atteignons le sommet après une montée de 3h10. Malgré le froid, nous profitons du panorama à 360° : du Cheiron plein sud, au Lac d’Allos, au briançonnais et à la région des Sanguinières. Nous n’avons rencontré personne jusqu’à présent et sommes les premiers à atteindre le sommet en ce vendredi hivernal. Le grand Lac d’Allos semble si petit depuis ce beau sommet facilement gagné, toujours sur un sentier très bien marqué.

Mt. Pelat (3050m)

Après un rapide repas, nous nous hâtons de redescendre, refroidit par cette petite pause, et par le vent qui souffle assez fort à 3000m. Plutôt que de reprendre le même chemin, nous avons décidé de tenter une boucle passant par le Trou de l’Aigle : nous dévalons rapidement la Combe du Pelat où nous croisons un anglais qui va aussi faire le sommet. Seul. A la bifurcation, nous remontons direct pour gagner en quelques minutes le Lac du Trou de l’Aigle (2672m). Ce petit lac est encerclé par les roches acérées : un cirque quasi circulaire culminant à près de 2900m, qui part du prolongement de la crête du Pelat et se poursuit par le sommet du Trou de l’Aigle. Là, 100m plus haut se trouve un petit passage qu’il fait chèrement gagner dans les éboulis : le Pas de la Grande Barre (2782m). Versant sud, pas de problème, plus de neige, mais versant nord, dans lequel nous devons poursuivre la boucle il y a encore beaucoup de neige et la descente est raide. Après quelques mètres, nous décidons de rebrousser chemin pour ne pas prendre de risques inutiles dans cette descente qui peut très vite devenir périlleuse. Nous allons donc regagner le chemin principal par lequel nous sommes arrivés. Tant pis pour la boucle, la sécurité d’abord. Bien que ce soit raide, sans neige ça passe, mais là, c’est différent. Quelques cirrus font leurs apparitions dans le ciel, prémices de nuages plus menaçants qui arriveront plus tard. Au niveau des Barres du Pelat, le ciel devient gris : un voile épais cache le soleil. Nous allons terminer la journée dans la grisaille et le froid. Pendant la remontée du Col de la Petite Cayolle, nous surprenons un groupe d’une dizaine de mouflons, jeunes, sans corne et roux. Nous ne les identifions pas immédiatement car c’est la première fois que nous en voyons. Dans la grisaille d’un temps qui va tourner à la neige, le Lac de la Petite Cayolle revêt encore un charme nouveau. La bascule du col est glissante : le froid glacial de la journée a entrainé l’apparition d’une fine pellicule de givre glissant par endroit après le passage d’autres randonneurs. Heureusement, la pente raide ne dure pas longtemps. Plus bas, le soleil d’octobre a réchauffé les eaux du lac partiellement gelé le matin. Mais là, les nuages bas débordent du Col de la Petite Cayolle et la neige ne devrait pas tarder à tomber. Un grésille nous accompagnera jusqu’au parking où le paysage devient complètement hivernal. Au final, nous aurons fait une rando de 17km pour 1460mD+ en 6h45. Bonne journée.

Les Barres du Pelat s'ouvrant sur la Combe pour enfin accéder au sommet que l'on devine au fond.

Les Barres du Pelat s'ouvrant sur la Combe pour enfin accéder au sommet que l'on devine au fond.

Tag(s) : #Rando Alpes
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